Blogs et sites surfent sur la vague de l'ouragan Katrina

Par 31 août 2005

Quand les moyens de communication traditionnels ne fonctionnent plus, les blogs prennent le relais. Journalisme professionnel ou amateur, opportunisme ou voyeurisme, ces pris sur le vif...

Quand les moyens de communication traditionnels ne fonctionnent plus, les blogs prennent le relais. Journalisme professionnel ou amateur, opportunisme ou voyeurisme, ces pris sur le vif "en direct de l'œil du cyclone" soulèvent un certain nombre de questions.

Le cyclone Katrina a dévasté la Nouvelle Orléans et rendu inopérants la plupart des systèmes de communication traditionnels. Mais même après que le courant a été coupé, des habitants de la Nouvelle Orléans ont pu, grâce aux téléphones mobiles ou autres appareils communicants, continuer leur couverture des événements via leurs blogs.

Les médias traditionnels, qui ne peuvent guère suivre la catastrophe de l'intérieur, relaient les informations envoyées par les victimes de la catastrophe. CNN par exemple, publie sur son site les photographies envoyées par les victimes de la catastrophe. La BBC propose même de visionner les vidéos envoyées par ses auditeurs de la Nouvelle Orléans.

La volonté de faire du sensationnel conduit les médias à s'appuyer sur les témoignages de particuliers qui s'improvisent journalistes. Leur rapport des événements devient pour quelques jours la source d'information la plus immédiate et la plus criante de vérité sur la catastrophe. Et le succès est garanti : les mots relatifs au cyclone arrivent en tête des recherches de tous les moteurs spécialisés dans les blogs.

Le monde entier se précipite sur Internet à la recherche d'images ou de témoignages. Et, face à un tel engouement, la sobriété n'est plus de mise. Les pages les plus émouvantes ou les plus mélodramatiques sont celles qui connaissent le plus grand nombre de visites.

Récemment, les journaux anglais ont versé de véritables petites fortunes à des amateurs qui avaient eu la présence d'esprit de sortir leur appareil photo au moment des attentats. Le tsunami qui a ravagé l'Asie du Sud-Est le 26 décembre dernier a déclenché une véritable course au cliché choc sur Internet. C'est à celui qui immortalisera le moment le plus dramatique que revient la palme, et parfois, la récompense en espèces sonnantes et trébuchantes.

Les sites professionnels qui publient les clichés des amateurs transmettent une information et à ce titre jouent leur rôle. Les amateurs qui envoient leurs photos se voient crédités en toute lettre sur le site. Ils accèdent peut-être ainsi à une forme de visibilité, mais c'est le site qui fédère les clichés qui empoche les recettes.

Que les gens qui subissent une telle catastrophe souhaitent la faire partager au monde entier est parfaitement compréhensible. Mais cette escalade entraîne toutefois une certaine propension au voyeurisme chez l'internaute qui, de chez lui, les pieds au sec, peut contempler les images les plus terribles de la catastrophe...

(Atelier groupe BNP Paribas - 31/08/2005)

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