Le Bluetooth supervise le trafic routier à moindre coût

Par 21 novembre 2008
Mots-clés : Smart city

Utiliser les adresses Bluetooth des périphériques embarqués dans les véhicules permet de suivre la circulation en temps réel. Une solution efficace et peu onéreuse.

Des étudiants en ingénierie à l'université Purdue ont mis au point une méthode de suivi du trafic automobile facile à déployer. Son principe ? Identifier les adresses matérielles, autrement dites BD_ADDR pour "Bluetooth Device Adress", des périphériques équipés de la technologie Bluetooth que les automobilistes transportent avec eux lors de leurs déplacements : téléphones portables, ordinateurs etc. Dans la mesure où chaque équipement possède une signature unique, le trajet de son propriétaire peut être supervisé en direc. ; À condition de placer des détecteurs aux carrefours et le long des autoroutes. Cette exploitation des signaux Bluetooth donnera naissance à une multitude de solutions de tracking économiques. Elle peut bien sûr être utilisée pour prévoir les embouteillages sur la route. Mais elle est également capable de fournir d'autres types d'informations, comme calculer le temps d'attente aux points de sécurité dans les aéroports.
D'autres applications sont imaginables
Pour tester l'efficacité de leur solution, les apprentis-ingénieurs se sont livrés à une expérience grandeur nature : ils ont suivi le trajet généré par les supporteurs d'équipes de football de retour chez eux après avoir assisté à un match. Sur plus de cinquante mille fans ayant fait le déplacement, les étudiants ont réussi à identifier plus de mille cinq cents adresses Bluetooth. Treize détecteurs ont été nécessaires au suivi de ces signaux. Lesquels ont permis de calculer les temps de trajet moyen d'un point à un autre en empruntant deux routes différentes. Les étudiants ont déduit de la précision des résultats obtenus que leur système était même plus rigoureux que deux autres solutions plus traditionnelles de suivi de la circulation. L'une consiste à utiliser ce qu'on appelle des "spotters".
Anonymat des automobilistes préservé
Il s'agit de surveillants équipés de caméras et enregistrant manuellement les numéros de plaques d'immatriculation qu'ils voient passer. L'autre solution est le fait de véhicules-tests équipés d'un GPS roulant à même les routes à surveiller. "Il est bien plus simple d'utiliser le Bluetooth que de relever un à un des numéros de plaque", explique Ronald Davis, un doctorant à l'université Purdue. "Surtout, notre méthode permet de rassembler un plus grand nombre de données qu'avec ces deux autres méthodes". Dernier avantage du système : il garantit une meilleure sécurité de la vie privée des automobilistes. Au contraire du référencement des plaques, lequel permet de déterminer l'identité des personnes suivies, le tracking par Bluetooth préserve l'anonymat des propriétaires de périphériques Bluetooth.

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