Boom des sites de crédit "PAP" : les banques premières gagnantes

Par 23 juin 2008

Les sites de crédit entre particuliers connaissent un véritable engouement aux USA. Pour autant pas de désintermédiation en vue : les établissements financiers sont toujours dans la boucle.

Les américains ont de plus en plus tendance à se tourner vers des sites de crédit en ligne en mode P2P. Selon une enquête menée par la Rice University, ce type de service est en effet courant aux USA. Les particuliers se retrouvent sur la plate-forme, avec d'un côté les prêteurs qui mettent à disposition une somme d'argent, et de l'autre les consommateurs qui désirent souscrire un emprunt. L'équilibre entre l'offre et la demande se fait via des enchères en ligne, qui fixent le taux auquel le crédit sera accordé. "Cette désintermédiation est une vraie évolution dans les services financiers", constate Paul Dholakia, auteur du rapport. "Les consommateurs se dédouanent ainsi des établissement financiers et établissent les taux qui leur conviennent le mieux". Désintermédiation alors ?
Un intermédiaire supplémentaire
Pas tout à fait, comme l'explique Philippe Torrès, directeur des Etudes et du Conseil à L'Atelier. "Derrière ces plates-formes se trouvent souvent des banques ou des fondations caritatives, dans tous les cas une institution financière". Ainsi, derrière le site Prosper, il y a la WebBank, un établissement de l'Utah. Elle prend un pourcentage sur les transactions effectuées, et en parallèle le site s'octroie des commissions sur les emprunts contractés. "La banque propose ainsi deux produits financiers : elle cède un crédit à l'emprunteur et en parallèle vend un placement au prêteur". On ajoute donc un intermédiaire supplémentaire : la plate-forme sur le web. Reste que les consommateurs s'en tirent souvent gagnant, avec des taux plus bas que sur le marché.
Réseau social et emprunt peer to peer
Selon l'étude, ces taux sont aussi fixés en fonction de l'appartenance des emprunteurs à un réseau social, ou à un "groupe d'affinité" comme on les appelle sur Prosper.com. Ainsi, être inscrit dans un réseau d'anciens élèves par exemple peut être un critère de choix pour le prêteur. "Le réseau social devient un gage de confiance", affirme Paul Dholakia. Il nuance cependant : "puisque les gens investissent leur propre argent, ils tentent d'agir plus rationnellement et cherchent avant tout un retour sur investissement rentable", explique Paul Dholakia, auteur des recherches. "Pour ce faire ils prennent bien évidemment en compte des facteurs plus sérieux que le sexe ou l'origine sociale des emprunteurs".

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