Bounce.io conquiert l’eldorado des emails d’erreurs par la publicité

Par 26 septembre 2014
Bounce

La solution de Bounce.io est de traiter une quantité innombrable d’emails qui reviennent sans pouvoir être expédiés avec la promesse de faire économiser du temps et de l’argent aux utilisateurs.

Il y a 31 milliards d’erreurs d’expédition d’emails par jour dans le monde. Ils arrivent à l’utilisateur sous la forme d’un message d’erreur en langue anglaise pour tous sans exception : un Mail Transfer Agent indique une erreur de transmission. Pour ajouter à la confusion, l’email qui n’a pas trouvé son expéditeur est réexpédié à l’utilisateur sous la forme d’un message d’erreur avec un "objet" générique (Delivery Status Notification). La startup Bounce.io fondée par Scott Brown, un ancien développeur travaillant déjà dans ce secteur, propose une solution qui, grâce à la monétisation, permettrait de rendre tous les acteurs gagnants à l’exception des spammeurs. De fait, la startup profite du taux d’ouverture important, de 60%, des emails d’erreurs afin d’attirer des annonceurs publicitaires. Bounce.io propose donc d’améliorer l’expérience utilisateur et séduit les gestionnaires de noms de domaine qui peuvent gagner de l’argent grâce à la publicité.

Le MTA (Mail Transfer Agent) est un territoire vierge de l’internet

Les emails d’erreurs délivrés par MTA sont aussi utilisés par les services de veilles stratégiques et de renseignement pour identifier les adresses "robots" – souvent des générateurs de spams. Bounce.io récupère les emails d’erreurs et utilise ces Big Data pour localiser les adresses mails générant le plus de messages d’erreurs qui s’avèrent être, en majorité, des centres de spams. La startup peut ainsi revendre ces données à des agences de sécurité informatique. Celles-ci achètent ce type d’informations pour améliorer les anti-virus (les fameux "firewalls") qui ont, entre autres, comme fonction de limiter l’invasion des boites mails. Les fournisseurs d’accès à internet (FAI) sont aussi des clients intéressants pour Bounce.io car ils sont au centre de la circulation internationale des emails. Un FAI moyen peut avoir jusqu’à 10 millions d’abonnés qui vont envoyer plusieurs millions d’emails par jour et une petite quantité d’entre eux sera renvoyée comme email d’erreur (pour une erreur typographique ou un mauvaise adresse). Les messages d’erreurs représentent donc un marché proportionnel à celui des emails. Bounce.io voudrait convaincre les FAI de mettre du contenu publicitaire sur chacun des mails d’erreurs (MTA) pour quelques dollars.

Comment créer de la valeur à partir de messages d’erreurs ?

Le fondateur de la startup, Scott Brown, s’est d’abord interrogé sur l’ampleur des noms de domaine possédés par les agences publicitaires pour venir appuyer toutes leurs campagnes : parfois plusieurs dizaines de milliers. À partir de ce constat, Brown a réalisé qu’il y avait une source de profit considérable pour une startup qui se situerait, comme Bounce.io, entre les utilisateurs, les FAI et les pourvoyeurs de nom de domaines (comme les entreprises pour les comptes professionnels). En monétisant le circuit par du contenu publicitaire, Bounce.io utilise ces recettes pour améliorer l’expérience utilisateur sur la réception des emails d’erreurs. Bounce.io traite les emails comme un intermédiaire et s’insère dans le champ des Big Data pour monétiser les « déchets » que sont les emails d’erreurs. Aujourd’hui la startup a accès à huit millions de noms de domaine et envoie près de deux millions d’emails de messages d’erreurs avec un contenu publicitaire par jours.

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