Boutons les salariés hors de leurs bureaux !

Par 30 septembre 2009

Le nouveau défi des entreprises ? La présence au travail. Je ne prends pas le concept dans son sens général pour dénoncer l’absentéisme (pas mon genre). Je parle de ces employés qui vont travailler alors qu’ils feraient mieux de rester chez eux. Ils coûteraient aux entreprises deux fois plus cher que l’ensemble des jours de maladie pris dans l’année. Deux fois plus cher (ton de voix ascendant, légère perdition dans les aigus).

Je sens déjà sur moi vos regards soupçonneux. Les mêmes sourcils froncés qui accueillaient jusqu’ici les hordes d’employés avant-gardistes, osant braver les conventions en ne venant PAS au boulot alors qu’ils étaient malades. Oui, grâce à cette étude que je ne saurais qualifier que de révolutionnaire, des centaines, que dis-je, des milliers de malades chroniques vont pouvoir relever la tête. Je suis à deux doigts de rajouter un point d’exclamation. C’est dire mon enthousiasme. Nos grands hommes devraient donner l’exemple.

Combien d’hommes d’Etat choisissent de braver les affres de la maladie pour répondre à l’appel du devoir ? Combien nous exhortent à les imiter ? Mais admettons qu’un de ces politiciens attrape la grippe A, maladie contagieuse s’il en est. Pouvez-vous imaginer les dégâts si cet homme d’Etat est de la trempe de Jacques Chirac, et que son dada, ce soit la poignée de main ? On a tôt fait de contaminer un bon quart de la population française.

Au delà du risque de contagion, l’étude pointe un autre danger. Les employés malades, affaiblis, l’oeil blême et le teint vitreux (ou l’inverse) seraient plus susceptibles de faire des erreurs. Et des erreurs qui coûtent cher. Cette étude permet une relecture tout à fait passionnante de l’histoire. On a sans doute mésestimé les maux de ventre de Napoléon le jour de la bataille de Waterloo. Ou encore la dépression de Bill Clinton le jour où il a rencontré Monica Lewinsky. Si seulement ils étaient restés au lit ce jour là...

Vous comprenez, à présent. Alors, avec moi, boutons les malades, les fébriles et les fiévreux hors de leur bureau ! Montjoie, Saint Denis !

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