"Le Brésil est le troisième pays préféré des investissements directs à l'étranger"

Par 24 juin 2011
Mots-clés : Smart city, Europe
Brésil innovation

Le pays suscite l'attention des investisseurs. Un intérêt stimulé par l'adoption massive du web et de la prise de conscience du rôle des réseaux sociaux dans le pays.

Entretien avec Marc Giget, directeur du projet Top Innovation Training, un programme itinérant de formation à l’innovation en université destiné aux responsables d’entreprises à travers le monde. Une conférence dédiée aux opportunités brésiliennes dans ce domaine s’est tenue le 21 juin à la cité internationale de Paris à laquelle L’Atelier était présent. 

L’Atelier : Pourquoi inclure le Brésil dans votre mission formation ?

 

Marc Giget : Il y a 20 ans, le Brésil était en retard dans le déploiement des infrastructures nécessaires aux développements technologiques. Mais depuis une dizaine d’années, les courbes qui étaient dans le rouge sont désormais dans le vert. Les raisons ? Je dirais que le Brésil a su tirer rapidement profit de la richesse de ses matières premières, notamment la découverte des ressources de pétrole qui sont de véritables opportunités d’investissement. Aujourd’hui, il faut savoir que 2/3 des nouvelles ressources d’or noir découvertes dans le monde se trouvent dans ce pays. L’économie prend donc un nouvel essor, et les entreprises se tournent naturellement vers les nouvelles technologies pour se développer. De plus, les sociétés étrangères peuvent se permettre des investissements à long terme car structurellement parlant, le marché s’est stabilisé. Il est aujourd’hui le troisième pays au monde préféré des investissements directs à l'étranger (IDE)

Quel est le paysage actuel de l’innovation ? 

Aujourd’hui le Brésil est le 4è pays du monde qui compte le plus d'Internautes  La culture web s’est développée de manière phénoménale. Le pays est vaste et les principales zones urbaines sont éloignées. De ce fait, les internautes ont rapidement adopté les réseaux sociaux pour communiquer et ils ont même créé leurs propres plateformes. Et il y a d’autres facettes intéressantes dans leur utilisation du web, comme les services liés à la justice par exemple : c’est un usage assez inédit sur la Toile pour un pays émergent qui n’en est plus un. De plus, il faut noter que les Brésiliens sont également particulièrement friands du software. En témoigne l’ampleur et la pertinence des travaux du centre de recherche de Recife par exemple.

Le territoire est donc propice à l’investissement dans l’innovation...

Oui mais il ne faut pas oublier non plus que ce pays présente des obstacles de taille dans le développement de l’innovation des entreprises. Les problèmes de sécurité dans les centres urbains sont toujours aussi importants...Même si depuis 19 ans, la criminalité est en baisse, Rio reste la troisième ville la plus dangereuse du monde. Un autre problème est qu'il manque aujourd’hui 50 000 ingénieurs et seulement 6 % des cadres dirigeants comprennent l’anglais. L’enjeu pour le Brésil est donc de miser sur les formations appropriées car jusqu’ici, les universités étaient disparates. Cela est en train de changer. Il existe plus de 140 communautés au Brésil et 36 000 entreprises à forts potentiels. Cette mosaïque de culture a fait naître un esprit d’ouverture et qui joue bien sûr un rôle essentiel dans la capacité à innover. Les Brésiliens ont manifestement bien compris l’intérêt d’être en réseau.

 

 

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