Britannica vs Wikipédia : les encyclopédies papier contre-attaquent

Par 30 avril 2008
Mots-clés : Future of Retail

Les journalistes et rédacteurs web pourront accéder gratuitement et diffuser auprès des internautes le contenu de la version en ligne de l'encyclopédie américaine. Un moyen de lutter contre les dictionnaires collaboratifs.

Alors que le savoir est désormais en accès libre sur le Net, les mastodontes de la connaissance tentent de s'adapter. L'Encyclopédie Britannica annonce ainsi ouvrir gratuitement à tous les bloggeurs, webmasters, journalistes web et autres internautes qui publient régulièrement sur la Toile, l'accès aux contenus présents sur son site Internet. But de l'initiative, baptisée WebShare : permettre de diffuser à plus grande échelle un savoir dit légitime. Les contenus Britannica dans lesquels les rédacteurs web pourront puiser pour s'informer sont en effet écrits par des spécialistes, comme des prix Nobel. Une initiative qui s'attaque directement aux encyclopédies collaboratives et gratuites qui, si elles fournissent un contenu très diversifié, sont parfois accusées d'un manque de précision ou d'intégration de contenus peu fiables. "Le niveau de professionnalisme des personnes qui publient sur le Web ne cesse d'augmenter, explique ainsi Jorge Cauz, directeur de Britannica.
Britannica s'affiche chez les bloggeurs
"Nous voulons leur montrer que nous reconnaissons ce fait en donnant accès au savoir aux gens qui initient les grands débats du web", ajoute-t-il. Ces contributeurs pourront d'ailleurs insérer dans leurs papiers des liens vers des articles de l'encyclopédie, afin de permettre aux internautes de les consulter, eux aussi gratuitement. Un moyen intéressant de rediriger les lecteurs vers l'encyclopédie. Et de leur donner envie de s'abonner pour profiter des autres contenus. A l'avenir, Britannica devrait également permettre aux journalistes et rédacteurs web d'intégrer des widgets à leur page pour accéder plus rapidement au savoir de l'encyclopédie. Un guide d'éligibilité est disponible sur le site pour permettre aux personnes intéressées de vérifier si elles peuvent prétendre à cet accès gratuit. Britannica n'est pas la seule encyclopédie à s'adapter plutôt en douceur à cette nouvelle forme d'accès à la connaissance.
Wikipédia s'installe dans les bibliothèques
Le français Larousse annonce ainsi suivre les pas de l'e-encyclopédie Wikipédia en ouvrant son espace en ligne à des contributeurs externes. D'autres éditeurs traditionnels ne résistent cependant pas à la déferlante numérique : le Quid, qui recensait depuis 1963 les principaux faits d'actualité et la biographie des personnalités qui avaient marqué une année, annonce ainsi qu'il mettra la clé sous la porte. Ce, sans même tenter l'expérience de la gratuité ou de la collaboration sur le web. Autre fait étonnant : alors que les grands du papier passent en mode virtuel, les leaders de la connaissance collaborative sur le Net se tournent eux vers le traditionnel livre : Wikipédia devrait ainsi être prochainement éditée au format papier. En septembre, une version sortira en langue allemande, qui intégrera 50 000 articles du dictionnaire. Des articles qui ne représentent que 7 % du total des contenus publiés sur la version germanique du site, et qui devraient être sélectionnés en fonction de leur popularité.

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