Le bug de l'an 2000 inquiète les Etats-Unis.

Par 12 mars 1999

Sénateur de l'Utah, Robert Bennett, président de la commission spéciale d'enquête parlementaire ayant rendu son premier rapport sur l'état du monde face au Y2K, connu chez nous sous le nom de "bug d...

Sénateur de l'Utah, Robert Bennett, président de la commission spéciale
d'enquête parlementaire ayant rendu son premier rapport sur l'état du
monde face au Y2K, connu chez nous sous le nom de "bug de l'an 2000",
déclare "ce ne sera pas l'Apocalypse. Mais chacun ferait bien de se
préparer au choc".
Le diagnostic de cette étude de 160 pages, classée "confidentielle", est
plus inquiétant que l'on ne s'y attendait. Christopher Dodd,
vice-président de la commission explique "il faut récuser la panique de
ceux que j'appelle les millénaristes du Y2K".. Des dizaines de milliers de
ces millénaristes aux Etats-Unis ont déjà commencé leur exode vers des
camps retranchés où sont stockés nourriture et armes en prévision du chaos
que la paralysie du pays entraînera, selon eux, suite au blocage des
systèmes informatiques.
Mais le sénateur Dodd rajoute "il faut également récuser ceux qui
affirment qu'il ne se passera rien du tout. Nous avons un vrai problème
....".
Se voulant rassurant, les deux sénateurs comparent les effets probables du
bug à "ceux d'une grosse tempête de neige qui vous coince deux ou trois
jours chez vous". Le mot d'ordre est de "se préparer, sans paniquer" en
faisant des stocks d'eau, de conserves et autres produits ainsi qu'en
conservant chez soi un peu de liquide. A cet effet, la banque centrale
américaine a prévu d'imprimer pour 200 milliards de dollars de billets en
plus.
Tandis que le "monsieur Y2K" de la Maison Blanche, John Koskinen assure
que le gouvernement fédéral américain "a sécurisé 79 % de ses systèmes
critiques", le rapport du Sénat estime que "le bug aura très probablement
un impact sérieux en Amérique latine, en Asie et en Afrique, avec des
conséquences imprévisibles". John Koskinen confirme "nous sommes assez
inquiets. Un grand nombre de pays n'ont pas fait grand chose pour se
préparer. Certains n'y ont pas cru, d'autres semblent avoir décidé
d'attendre de voir ce qu'il va se passer et de résoudre les problèmes
quand ils apparaîtront, une stratégie extrêmement dangereuse".
Ainsi, l'Allemagne, le Japon, la Chine et le Mexique auraient pris 9 à 24
mois de retard.
Le rapport du Sénat affirme que le risque de chaos au niveau mondial "est
réel" et provoquera "des difficultés économiques qui entraîneront des
troubles dans certains régions". Selon Robert Bennett "mon cauchemar, ce
sont des images sur CNN de villes sans électricité, sans téléphone, de
banques et de magasins fermés et d'émeutiers dans les rues".
Coordonnant le programme de lutte contre le Y2K, James Bond (si, si c'est
véritablement son nom) cite une étude récente de 139 pays hors Europe et
Etats-Unis. 54 d'entre eux ont mis en place des programmes de préparation,
21 à peine ont pris des mesures concrètes et 33 déclarent n'avoir rien
fait.
Octroyant des "prêts Y2K" aux pays demandeurs, la banque estime "il n'est
plus possible maintenant de tout réparer avant l'an 2000".
Selon certains experts, le Y2K peut affoler les systèmes informatiques
contrôlant le déclenchement des alertes nucléaires.
En conclusion, John Koskinen déclare "le risque de panique irrationnelle
est en fait une des principales menaces que pose le Y2K. Mais certains
feraient bien de paniquer un peu plus ....".
(Libération - 12/03/1999)

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