Le bureau virtuel, plébicité par beaucoup, ne fait pas que des adeptes.

Par 10 septembre 1997
Mots-clés : Smart city, Europe

Surnommés SBF (sans bureaux fixes), on les trouvent dans des espaces dénommés "bureaux virtuels". La plupart du temps, commerciaux ou consultants "occupent" ces bureaux non attribués allant du "free...

Surnommés SBF (sans bureaux fixes), on les trouvent dans des espaces
dénommés "bureaux virtuels". La plupart du temps, commerciaux ou
consultants "occupent" ces bureaux non attribués allant du "free adress"
(adresse libre), au "hot desking" (bureau chaud), en passant par le "just
in time office" (bureaux réservés pour un temps donné) et le "hotelling"
(?). En France, les plus connus se trouvent dans l'immeuble d'Arthur
Andersen, avenue Georges-V "chacun va travailler là où il veut et quand il
veut. Cela entraîne naturellement le partage de l'espace". Tout le monde
le sait, cela se passe comme à l'hôtel, accueilli par des hôtesses, on
réserve son espace selon la tâche à effectuer. Dans l'agence de publicité
Chiat/Day installée dans un building de Manhattan, des Caddie de travail
individuels montés sur roulette permettent d'installer son "bureau" là où
on le souhaite, pas de porte, aucune trace de papier. Surpris par la
rapidité d'adaptation des salariés d'Arthur Andersen au bureau virtuel,
Michel Crozier, sociologue indique toutefois que le problème du changement
est essentiellement celui du management. Cependant tout le monde n'y
accorde pas le même intérêt. Selon Philippe Meurisse, un des experts
français de la conception d'espace "l'extrême du bureau virtuel n'est pas
intégrable dans la culture française". Pour lui, le grand perdant, c'est
la notion de groupe. D'autres estiment que le bureau virtuel cache un
objectif déplaisant "la véritable raison du projet n'est pas d'aménager
l'espace. La volonté est de déstabiliser le personnel, d'observer ce qui
se passe puis de conserver les meilleurs, ceux qui sont les plus adaptés à
cette stratégie". Récemment, une agence de publicité a contacté un "space
planner" pour lui demander de concevoir un espace virtuel afin de mettre à
l'épreuve des jeunes pour ne garder que les plus agressifs "il faut qu'ils
soient déstabilisés en permanence". Michel Meunier, responsable immobilier
de Rexel, ne veut absolument pas entendre parler de bureau virtuel "nous
ne sommes pas des numéros. Le bureau virtuel pose le problème de la
liberté individuelle. Si on vient travailler dans un caisson, collé à son
téléphone cellulaire, obligé de se plier à des règles égalitaires
contraignantes, mieux vaut travailler chez soi". Comme il faut planifier
les jours de passage, réserver sa place, évaluer et préciser les tâches à
accomplir, mieux vaut avoir le sens de l'organisation pour travailler dans
un bureau virtuel.
(La Tribune - 11/09/1997)

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