La caméra reconnaît le poisson frais

Par 06 mars 2008
Mots-clés : Smart city

La technologie de visualisation du centre SINTEF automatise la sélection qualitative des pièces de saumon traitées par l'industrie norvégienne. Un moyen de réduire les coûts au sein d'une activité très gourmande en main d'oeuvre.

Comment une caméra reliée à un ordinateur peut-il contribuer à freiner les délocalisations dans l'industrie saumonière norvégienne ? La réponse est détenue par Ekrem Misimi, chercheur au SINTEF, un centre de recherche sur la pêche et l'aquaculture. Ce dernier a mis au point un système permettant d'automatiser le processus de tri des filets de saumon en fonction de leur qualité. Un procédé très exigeant en termes de main d'œuvre. Pour ce faire, le scientifique a formalisé mathématiquement un procédé permettant à des capteurs visuels de déterminer certaines caractéristiques des pièces de poisson frais.
Reconnaissance visuelle
En constituant une base de données informatisée recensant la forme, la taille et la couleur des poissons désirés, le chercheur a pu paramétrer une caméra pour qu'elle catégorise chaque pièce. Une prise de vue est effectuée pour chaque unité traitée, image à partir de laquelle le système effectue des comparaisons avec la base pour déterminer la qualité du poisson. "L'adoption de technologies modernes dans l'industrie du traitement des ressources piscicoles norvégienne se fait lentement. Les coûts de production d'un kilo de saumon dans ce pays sont en moyenne supérieurs de 5 à 10 couronnes (NDLR : 60 centimes à 1,30 euros) à ceux des pays concurrents. Nos exportations de saumon traité sont également basses. De ce fait, l'industrie à beaucoup à gagner avec ce type de méthodes", explique Ekrem Misimi.
Progrès technologique contre délocalisation
Le chercheur compare sa technique à celle utilisée par les hommes habituellement en charge de ces fonctions de sélection. Pour lui, ce système basé sur la capture de l'image reproduit le mode d'analyse des couleurs des êtres humains. Il argue notamment de la rapidité de son procédé qui par ailleurs ne nécessite pas de contact physique avec le poisson. "Cette automatisation permet d'accroître la productivité et d'augmenter les cadences", précise-t-il. Un avantage technologique décisif permettant de réduire les coûts locaux et de freiner ainsi les mouvements de délocalisation des unités de production vers l'étranger.

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