Les caméras plutôt que les objets connectés pour un diagnostic sans contact?

Par 19 février 2014
utilisation de caméra à l'hôpital

L’utilisation de caméras pour surveiller les signes vitaux des patients offre un nouvel outil au médecin pour analyser l’évolution de la santé des patients.

Avec l'apparition des objets connectés, la tendance est de plus en plus d'être, littéralement, au plus près du patient. Bracelets, montres, capteurs, il semble que le patient devienne littéralement le support des appareils médicaux. Cependant cette évolution n'est pas forcément la seule voie possible. Xerox vient ainsi de terminer une expérience effectuée au sein d'un hôpital indien consistant à surveiller les signes vitaux des patients, non par le biais d'appareils intrusifs et portables mais via des caméras. Bien plus que de simplement surveiller le comportement des patients, les caméras, en lien avec des logiciels analytiques, peuvent calculer température corporelle, rythme cardiaque et autres signes vitaux. Non intrusive, constante, la caméra pourrait s'avérer un outil supplémentaire dans l'écosystème technologique de soutien.

Manipal, Inde

Le Xerox Innovation Group vient ainsi de publier les résultats prometteurs de l'expérience menée dans l'unité de soin néonatale de l'Hôpital Universitaire de Manipal. Dans une perspective non intrusive et afin de pouvoir surveiller au mieux les nombreux nouveaux nés, les équipes de Xerox ont ainsi installé des caméras équipées de logiciels analytiques au sein des salles de l'hôpital. Par le biais d'algorithmes d'agrégation de données, ces logiciels ainsi à même de transformer en signes vitaux les différentes informations collectées. Techniquement, la lumière émise par les caméras pénètre la peau du patient qui en retour fait apparaître différentes informations médicales. Invisible à l'oeil nu, la caméra peut par exemple déceler grâce aux infimes variations de couleur de la peau le rythme cardiaque de l'individu. De fait, les médecins sont ainsi à même de scanner à distance les patients. Plus largement encore, le spectre visuel analysable par caméra pourrait donner des informations plus complètes encore, ouvrant la possibilité du diagnostic à distance. "Notre travail initial à Manipal était dans l'unité néonatale, pour évaluer les algorithmes de surveillance des signes vitaux des enfants, mais s'est rapidement étendu à d'autres services." explique ainsi Lalit Mestha, responsable du projet.

Diagnostic sans contact

Cette première expérience, fructueuse dans la calibration des algorithmes, permet aussi d'en espérer le développement. Matériellement moins coûteuses pour le moment que les objets connectés, et surtout nettement moins intrusifs pour le patients, l'utilisation de caméras pourrait venir renforcer le dispositif de surveillance des patients au sein des hôpitaux. Plus encore que les hôpitaux, le groupe de chercheurs ouvre la possibilité de la surveillance directement au domicile des patients, voire du diagnostic à distance. Il faut cependant noter qu'aussi précis soient les diagnostics analytiques, ceux-ci ne pourraient remplacer l'avis du professionnel médical. De même, cette perspective, que ce soit au sein des hôpitaux ou ailleurs, dans une période marquée par la défiance envers la sécurisation des données médicales, pourrait apparaître au final infiniment plus intrusive que les dispositifs existants. Ces réserves faites, la surveillance constante des patients, notamment ceux à risque, grâce à des outils automatisés pourrait faciliter et alléger d'autant aussi bien le travail des professionnels de santé hospitaliers que la protection des patients.

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