Canada: l'information payante en ligne ne suscite pas l'adhésion

Par 14 avril 2011
Paiement en ligne

Habitués à l'accès gratuit à l'actualité sur le web, les Canadiens sont particulièrement réfractaires à l'idée de mettre la main au portefeuille, alors que les médias sont en perte de vitesse.

Alors qu'on parle de plus en plus du modèle freemium, notamment pour la presse, il semble que des efforts doivent encore être faits pour séduire les internautes : selon une enquête menée par l'université de la Colombie Britannique, au Canada, plus de huit personnes interrogées sur dix expliquent ne pas être prêtes à payer pour obtenir des informations en ligne. Une écrasante majorité (90%) estime qu'elle préfèrerait même trouver des alternatives gratuites si ses sites d’informations de prédilection commencent à imposer un modèle de paiement. Cette question soulève l’unanimité puisque l’enquête ne relève aucune prédisposition au paiement en fonction de l’âge, de la profession, ou encore du niveau d’étude.

L’habitude de la gratuité en ligne

Selon Donna Logan, professeur de journalisme à l'université, les consommateurs ont été longtemps habitués à accéder gratuitement au contenu en ligne, quand le coût de production était largement assuré par les revenus de la publicité, que ce soit dans la presse traditionnelle ou en ligne. Ils sont désormais réticents à l’idée de payer pour du contenu dont les revenus ne permettent pourtant plus aux médias de maintenir leurs opérations à travers différentes plates-formes. Si aucune alternative gratuite de contenu en ligne n’est disponible, seulement 30 % des répondants se sentent prêts à payer pour un accès en ligne. Parmi eux, seulement deux sur dix sont prêts à payer pour des informations inédites, autrement dit des scoops, ou pour de l’information liée à l’actualité immédiate, ou encore pour de l’information internationale (19%) ou spécialisée (16%).

Une situation semblable ailleurs ?

Sur cette minorité, l’enquête révèle une préférence nette pour des abonnements forfaitaires (34 %) ou pour du paiement à l'acte (20%). Au regard des enquêtes similaires menées auprès des Américains et des Anglais notamment, il s’avère que les Canadiens sont légèrement plus opposés que les autres à payer pour avoir accès à l’information. Et plus généralement, ils sont encore plus réfractaires au paiement pour l’accès aux magazines que pour les journaux. "Cette tendance peut changer, mais c’est encore difficile d’en être sûr",estime Donna Logan. En effet,  "le Times à Londres a perdu 60 % de son lectorat lorsqu’il a introduit un contenu payant en juillet 2010".

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