CanalSatellite pense réaliser ses premiers profits en 2000.

Par 27 avril 1999
Mots-clés : Future of Retail, Europe

Selon son président, Bruno Delecour, le bouquet de chaînes numériques CanalSatellite, créé le 28 avril 1996, filiale de Canal Plus à 70 %, peut se vanter d'un succès "boosté par la concurrence". ...

Selon son président, Bruno Delecour, le bouquet de chaînes numériques
CanalSatellite, créé le 28 avril 1996, filiale de Canal Plus à 70 %, peut
se vanter d'un succès "boosté par la concurrence".
Aujourd'hui, le premier bouquet numérique européen compte 1,150 million
d'abonnés individuels et 100 000 collectifs supplémentaires
(essentiellement des hôtels). Dans un entretien aux Echos, Bruno Delecour
affirme "nous aurons entre 1,3 et 1,4 million d'abonnés avant la fin de
l'année, soit près de 30 % de plus que ce que nous prévoyions pour cette
date lors du lancement. C'est une explosion comparable à celle de la
téléphonie mobile. Aujourd'hui, la France a le plus fort taux au monde
d'équipement de terminaux numériques avec 10 % des foyers équipés.
CanalSatellite, qui a eu un rôle moteur, continue d'en profiter puisque
notre part de marché reste de 55 % sur les recrutements d'abonnés en
réception directe".
Après trois ans de pertes, CanalSatellite, forte de cette avancée, devrait
être bénéficiaire dès 2000. Après avoir enregistré un résultat net négatif
de 780 millions de F en 1997, puis de 470 millions en 1998 pour un chiffre
d'affaires de 2,3 milliards de F, la chaîne devrait présenter encore une
perte en 1999 de 150 millions de F pour un chiffre d'affaires de 3
milliards.
Selon Bruno Delecour, l'amélioration du résultat ne procède pas "de la
seule progression mécanique" des abonnements. "Le coût des recrutements
est en baisse, de l'ordre de 500 F par nouvel abonné. Et le prix des
terminaux, de quelque 1 000 F à l'achat aujourd'hui, a été divisé par deux
en trois ans, allégeant considérablement nos charges". Le chiffre
d'affaires par abonné est supérieur à 200 F par mois et par foyer "nous
pensions que les premiers abonnés seraient les plus "accros" et donc de
plus grands consommateurs que les suivants. En réalité, c'est l'inverse".
Bruno Delecour estime que l'attraction pour la télévision numérique par
satellite repose en effet d'abord "sur la qualité et la diversité des
programmes. Les nouvelles options marchent bien. La chaîne de foot OM TV,
créée en janvier, a déjà 20 000 abonnés, et l'option Découverte, lancée en
novembre, près de 100 000. Le paiement à la séance, qui représente 10 à 15
% du chiffre d'affaires, reste, lui, un phénomène d'achat lié aux
évènements sportifs, donc beaucoup plus erratique".
Tout en continuant à s'étoffer de nouvelles chaînes, CanalSatellite mise
aujourd'hui sur l'arrivée de nouveaux services interactifs "à valeur
ajoutée". Après la météo, le téléachat, il devrait lancer une
"plate-forme" de banque à domicile "ouverte à tous les établissements
financiers".
En partenariat avec les industriels (Philips, Sony, Pace, Nokia, Intel
...), le groupe Canal Plus prépare de nouveaux terminaux disponibles "à la
fin de l'année".
Bruno Delecour rappelle que si le succès du numérique doit beaucoup "au
risque assumé par les opérateurs" français d'investir et de louer leurs
décodeurs "contrairement aux distributeurs d'autres pays comme
l'Allemagne, le groupe Canal Plus n'a pas vocation à être le propriétaire
perpétuel du parc d'équipements de ses abonnés. L'idée est plutôt
d'inciter les industriels à les mettre sur le marché, voire à les intégrer
aux téléviseurs; Avec cette deuxième génération de terminaux, il s'agit
surtout d'offrir l'accès au Net sur le poste de télévision et de proposer
des interconnexions avec les autres équipements du foyer comme les
lecteurs DVD".
(Les Echos - 28/04/1999)

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