Les capteurs jouent aux aide-soignants sur les champs de bataille

Par 23 octobre 2008

Embarquer un système biotechnologique sur les uniformes des soldats leur permettra de diagnostiquer automatiquement leurs blessures et de leur administrer instantanément le traitement adéquat.

"Un hôpital de campagne intégré dans une puce" que les soldats pourraient porter sur le champ de bataille. C'est ainsi que Joseph Wang, un ingénieur en nanotechnologies à l'UC San Diego, définit le projet qu'il dirige actuellement. Le but est de créer un système médicalisé automatique capable de détecter les blessures des militaires au combat afin que les médicaments adéquats puissent leur être administrés avant même qu'ils ne soient redirigés vers un véritable centre de soins. Censé être le plus léger et le moins intrusif possible pour ne pas déranger les soldats, le dispositif doit fonctionner à l'aide d'un réseau de capteurs capables d'analyser simultanément leur sueur, leurs larmes et leur sang. Leur monitoring permettra éventuellement de déclencher une médication appropriée. Les données étant communiquées à des membranes contenant les médecines par transmission électrique ou opto-électronique.
Applications dans le civil
"La majorité des morts au combat ayant lieu dans les trente minutes suivant une blessure, il est essentiel de pouvoir diagnostiquer et traiter ceux qui en ont besoin aussi vite que possible", précise Joseph Wang. Il explique que le développement d'une telle interface entre processus physiologiques et dispositifs de prise en charge médicale pourrait avoir des applications biomédicales dans le secteur civil. "La médecine personnalisée et à la demande étant un marché en pleine expansion, le système pourrait par exemple servir à la prise en charge automatisée de personnes diabétiques". L'équipe du professeur Wang a d'ores et déjà élaboré un système capables d'évaluer précisément les changements de taux de glucose et d'insuline dans le sang d'un individu.
Electrodes et enzymes
Pour atteindre un tel niveau de diagnostic automatisé, les chercheurs se sont inspirés de ce qu'ils appellent la "logique de l'enzyme". Ils ont en effet démontré que cette molécule pouvait non seulement servir à mesurer des biomarqueurs tels que la sueur mais qu'elle pouvait aussi fournir la logique nécessaire à l'élaboration d'un diagnostic, basés sur diverses variables biologiques. C'est la raison pour laquelle les capteurs servant à mesurer les biomarqueurs du soldat seront composés d'électrodes associées à divers ensembles d'enzymes. Le projet de recherche dit "de l'hôpital dans une puce" devrait durer quatre ans. Il bénéficie d'une bourse de plus d'un million et demi de dollars de l'ONR accordée par le bureau de recherche naval des Etats-Unis.

Mentions légales © L’Atelier BNP Paribas