Capteurs magnétiques et microprocesseurs automatisent le pilotage du bus

Par 08 septembre 2008

Les bus californiens pourraient bientôt se passer de conducteurs. Leur tableau de bord analyse les données de la route, via un système d'aimants disséminés dans la chaussée, qui leur permettent d'être guidés avec la plus grande précision.

Il semble que le jour où un véhicule aussi imposant qu'un bus pourra être conduit sans les mains soit proche. Des chercheurs de l'université de Berkeley ont en effet démontré la semaine dernière que la combinaison de capteurs, d'aimants et d'un processeur performant permettait d'automatiser le pilotage d'un bus. La démonstration s'est déroulée sur un tronçon de route de 1 mile (plus de un kilomètre et demi) à San Landreo, en Californie. La chaussée avait été truffée de capteurs magnétiques. Des capteurs spéciaux ainsi que des processeurs ont été embarqués à bord du tableau de bord du bus. Un système qui permet à ce dernier de recevoir les informations envoyées par la route et de piloter la conduite en fonction de ces données récoltées.
Un conducteur pour freiner et accélérer
Le fonctionnement est simple : les capteurs embarqués par le bus mesurent la pression magnétique émise par les aimants placés sur la route. Un ordinateur embarqué à bord déduit de ces analyses le positionnement du bus, latitude et longitude, et détermine alors la trajectoire à adopter pour respecter le tracé des voies. Le conducteur maintient son contrôle sur le freinage et l'accélération de son véhicule, mais le reste de la conduite est complètement dirigée, permettant entre autres au bus de se garer aux stations avec une précision au centimètre près. "Une telle précision lors des arrêts aux stations a plusieurs avantages : outre le gain de temps, il permet d'éviter de descendre la passerelle pour les handicapés, ce qui permet de faciliter leur mobilité, et d'économiser du temps aux autres passagers", indique Wei-Bin Zhang, qui dirige le programme au sein de l'université de Berkeley.
Optimiser les transports en commun
Cette capacité à se mouvoir au centimètre près permettrait aussi de réduire la taille des voies dédiées au bus, un vrai atout pour les problématiques de voiries. L'objectif affiché est d'optimiser les systèmes de transport en commun de la ville. "Avec la hausse des prix du carburant, nous voyons un regain d'intérêt pour les transports publics, et nous nous devons de les améliorer au maximum", commente l'ingénieur. "Et les nouvelles technologies nous offrent les outils nécessaires à ces restructurations". La solution proposée par l'université de Berkeley a déjà fait ses preuves pour des véhicules industriels ou agricoles. Ce projet de bus automatiques est le premier exemple d'application grand public, et laisse la porte ouverte à de nombreuses autres applications.

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