La capture de mouvements au service des clients dans les magasins

Par 19 août 2008

En se libérant de contraintes telles que la nécessité de marqueurs, les systèmes de saisie et de suivi des gestes - ou déplacements - peuvent viser des applications scrutant le public.

Ouvrir les technologies de capture de mouvements au grand public. C’est ce que cible la société Organic Motion avec des applications variées dans le domaine du diagnostic ou encore de la distribution d’équipement sportif. Pas besoin de positionner des marqueurs réfléchissants sur le sujet à observer ; pas besoin non plus de scanner au préalable la personne comme c’est le cas pour le système conçu par l’université de Stanford. Non, il suffit au cobaye d’entrer dans un espace cubique à fond blanc équipé de quatorze caméras, et de commencer à bouger. Les parties de son corps sont identifiées automatiquement, les mouvements sont analysés en temps réel et rendus sur un modèle qu’une application exploite.
Les marqueurs restent incontournables
Lors de la démonstration réalisée la semaine dernière au salon Siggraph, plus de quatre cent visiteurs ont testé le système. "Tout fonctionne parfaitement pour 99% des gens", affirme Jonathan Rand, président d’Organic Motion. Le 1 % manquant correspond aux personnes vêtues de blanc ou de pantalons trop larges pour bien distinguer les jambes. Le système d’Organic Motion, qui exploite un modèle avec squelette à vingt et un os, doit en effet bien distinguer les membres. Il exclut pour le moment les mouvements des mains et des pieds. Si l'on excepte cette innovation, les solutions à base de marqueursrestent incontournables dans de nombreux cas. D’abord, parce que l’on peut traquer absolument tout ce qui bouge (des animaux ou objets). Ensuite, parce que l’on peut réaliser de multiples captures simultanées. "Il est possible de suivre dix personnes à la fois", explique Jeff Thingvold, Vice-Président en charge des nouveaux medias chez Motion Analysis, l’un des ténors du secteur.
Les LED à la rescousse
Leur système est ainsi théoriquement capable d’exploiter des milliers de marqueurs et de six à cent soixante caméras. Enfin, "les systèmes à base de marqueurs ont l’avantage pour des mouvements très rapides, reconnaîtJonathan Rand, mais nous arrivons à de meilleurs résultats dans le cas de mouvements répétitifs". Plutôt que d’utiliser des marqueurs passifs, comme c’est le cas des marqueurs réfléchissants traditionnels, PhaseSpace utilise des diodes lumineuses (LED, Light Emitting Diode). Chaque diode émet une fréquence qui lui est propre, ce qui simplifie l’analyse des mouvements détectés lorsque le système perd un marqueur de vue pendant un court instant, et minimise les risques de résultats incohérents. Quoi qu'il en soit, les systèmes à base de marqueurs réfléchissants se popularisent. Le système OptiTrack de NaturalPoint équipe un petit studio pour moins de 5000 dollars. "L’offre des grands du secteur démarre à environ 50000 dollars", précise Jim Richardson, Président et CTO de NaturalPoint.
Annabelle Bouard, envoyé spécial de L'Atelier à Los Angeles

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