Vous aussi, capturez votre madeleine de Proust !

Par 27 août 2013 3 commentaires
Mots-clés : émotion
scentography

Les odeurs peuvent être synonymes de tant de souvenirs que l'on aimerait les emporter toujours avec nous. Et si c'était possible ?

Le gadget s'appelle Madeleine, comme la madeleine de Proust. Mais si, souvenez-vous. "Et dès que j'eus reconnu le goût du morceau de madeleine trempé dans le tilleul que me donnait ma tante (…), aussitôt, la vieille maison grise sur la rue, (…) toutes les fleurs de notre jardin et celles du parc de M. Swann, et les nymphéas de la Vivonne (…), tout cela qui prend forme et solidité, est sorti, ville et jardins, de ma tasse de thé", écrivait Marcel Proust dans le premier volume d'A la recherche du temps perdu. Ce souvenir involontaire, c'est celui produit par un acte apparemment bénin, qui porte pourtant une charge émotionnelle telle qu'elle nous renvoie dans notre passé. 

Lorsque par exemple on sent un parfum fugace dans un magasin qui nous rappelle l'odeur de notre mère, on se retrouve brusquement plongé dans nos lointains souvenirs. C'est cette poésie, cet instant de pure nostalgie, que la designer Amy Radcliffe a souhaité reproduire grâce à son appareil capable de recréer les odeurs ("scentography"). Comment ça marche ? L'appareil est composé d'une base carrée dotée de tuyaux, reliée à une cloche de verre et à une petite fiole qui surmonte la base carrée. La cloche doit être posée sur l'objet ou la personne dont on souhaite capturer l'odeur. L'air "attrapé" est recueilli dans la base carrée puis délivré de manière liquide dans une petite fiole. A l'intérieur de la fiole, des molécules de l'odeur qu'un laboratoire transforme en disque de bronze, à la manière de ceux que l'on offre dans les magazines en échantillons. 

Le propriétaire reçoit donc son petit disque odorant et la précieuse fiole dans laquelle est emprisonnée l'odeur tant aimée. Photos, vidéos et sons peuvent nous rappeler certains souvenirs mais ce qu'il y a d'étonnant avec notre nez, c'est que l'on a la sensation que ce souvenir est plus puissant. Cette impression n'est pas (que) dans notre tête! Grâce à l'amygdale cérébrale qui identifie les odeurs et les associe à des émotions, certaines odeurs font ressurgir des sentiments  forts. Le travail de la designer Amy Radcliffe pourrait donc être une aubaine pour les nostalgiques du temps perdu mais aussi pour les industriels parfumeurs… 

 

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3 Commentaires

Merci beaucoup de cet article qui montre que Littérature et numérique peuvent être un couple gagnant, contrairement à certaines #edéesreçues ! Notre culture "papier", inspirée des plus grands auteurs, n'en finit pas d'alimenter nos idées ou contenus numériques.
Du coup,nous l'avons intégré dans l'article "Littérature et numérique : amis ou ennemis ?"http://www.digitaltruelife.com/2013/12/m%C3%A8re-et-fille-2.0-litt%C3%A9rature-et-num%C3%A9rique-amis-ou-ennemis.html

Soumis par Sandrine Delage (non vérifié) - le 04 décembre 2013 à 11h28

Merci pour votre intérêt à notre billet de blog et merci pour la reprise :)

Soumis par Claire Cavret - le 04 décembre 2013 à 16h12

Merci Sandrine pour cette reprise et excellent billet sur votre blog. Dans la chronique radio correspondante (Cybergadget), le chroniqueur a fait la même analogie que vous et a évoqué également Le Parfum.
Nous interrogeons les accointances entre littérature et numérique depuis quelques temps déjà, dans l'émission que L'Atelier produit, www.atelier.net/radio, dans la rubrique "Les Ouvertures de L'Atelier".
Voici quelques pistes ou petits pavés de réflexion:
http://www.atelier.net/blog/2012/11/19/ariel-kenig-litterature-restera-plus-forte-machine
http://www.atelier.net/blog/2012/12/06/emmanuelle-pireyre-y-quantite-de-langages-web-partie
http://www.atelier.net/blog/2013/03/21/salon-livre-anne-marie-garat-machine-jamais-ete-un-corps-etranger

Soumis par Lila Meghraoua - le 13 décembre 2013 à 11h11

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