La carte de fidélité des opérateurs ? Le compte mobile.

Par 21 mai 2010 2 commentaires
Mots-clés : Afrique

"Safaricom a gagné beaucoup de consommateurs grâce à M-Pesa, parce que c'est un système simple, qui répond à un véritable besoin et qui marche", rappelait Erik Hersman lors de notre entretien. Aujourd'hui, ce sont environ 10 millions de personnes qui utilisent le service au Kenya. Ces propos confirment ceux tenus lors du salon AfricaCom, qui se tenait en novembre dernier à CapeTown : le porte-monnaie mobile est devenu un moyen pour les opérateurs de fidéliser leur clientèle existante et d'en attirer une autre, parmi les consommateurs dits pauvres et/ou résidant en zone rurale. Quasiment tous ont désormais leur propre système, et proposent à leur client de transférer, déposer/retirer de l'argent, payer des commerçants ou des factures, ou d'accéder à des micro-crédits. Des services jusqu'ici inaccessibles aux populations qui habitent dans des régions éloignées : déployer des infrastructures (guichets...) revenant bien trop cher aux banques. "Et elles ne disposent pas de la base consommateurs que nous avons", m'expliquait Raed Haddadin, directeur commercial de Zain Kenya. L'entreprise est d'autant plus intéressante que l'opérateur prélève un petit pourcentage sur chaque opération, et que techniquement, le coût pour chacune de celles-ci n'est pas élevé. Enfin, cela encourage les utilisateurs à consommer ensuite d'autres services mobiles.

Reste que si on rajoute les frais de gestion et ceux techniques, les systèmes de paiement par téléphone sont loin d'être une entreprise rentable pour les opérateurs. "Oui, la voix reste le coeur de notre métier et le moyen de générer des bénéfices", note Raed Haddadin. Mais pour le manager, un retour sur investissement est totalement envisageable d'ici trois à cinq ans. D'autant que les telcos sont en train de multiplier les services. "Ce qu'il y a de bien avec le m-paiement, c'est que fournisseurs et institutions financières et/ou de micro-finance viennent à nous directement pour réaliser des partenariats", explique Sieka Gatabaki, responsable du mobile commerce chez Zain.

Pour les banques, l'affaire pourrait aussi se révéler fort intéressante. "Les institutions financières nous voyaient comme une menace au départ mais cela n'est plus le cas, et elles cherchent aujourd'hui à se rapprocher des opérateurs", ajoute Raed Haddadin. Notamment parce que cela permet de ramener en partie les fonds dans le circuit bancaire. Selon le Business Daily en juin 2008, 83,6 milliards de shillings circulaient en dehors du système. Mais aussi de générer des profits via un prélèvement à chaque transaction par exemple. Le journal a interrogé, dans son édition du 20 mai, le chief executive d'Equity Bank, James Mwangi, qui explique que grâce au partenariat qu'elle avait déjà avec Safaricom, "la banque enregistre environ 3 000 transactions par jour effectuées depuis M-Pesa. Elle gagne environ 30 KSH par opération, ce qui fait s'élever à près de 33 millions de shillings la somme potentiellement réalisée chaque année".

Pour le moment, le secteur est donc en pleine croissance. Mais pour que ces dispositifs ne s'essoufflent pas sur le long terme et que l'on voie apparaître un véritable écosystème, l'interopérabilité est nécessaire, se sont accordées à dire les différentes personnes rencontrées. Car actuellement, les acteurs font cavaliers seuls ou ne font montre que de timides avancées. "Nous n'en sommes encore qu'aux débuts du m-paiement", soulignait Raed Haddadin. Ce qui fait que les services proposés sont dans une phase d'adoption massive. Mais une fois que les consommateurs seront éprouvés à ces usages, ils requièreront de pouvoir assister à tous ceux existants depuis leur unique compte mobile. "Il est nécessaire de s'ouvrir pour viser une croissance à long terme", juge Erik Hersman. Quelques efforts sont déjà faits dans ce sens : un client de Zain peut transférer de l'argent de Zap à M-Pesa (Safaricom) directement. Comme il est difficile de joindre Safaricom, je ne peux affirmer si le contraire est ou non proposé. Mais, note le fondateur du iHub, "cela ne m'étonnerait pas qu'ils ne le fassent pas". Pourtant, les enjeux sont loin d'être anodins, selon le blogueur. Et de conclure : "Si Safaricom faisait des partenariats avec les autres opérateurs et plus de banques et grâce à sa base existante, il deviendrait le Mastercard du monde en voie de développement. Mais ils ne font rien d'important en ce sens pour le moment".

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2 Commentaires

[...] La carte de fidélité des opérateurs ? Le compte mobile. | Les parenthèses de L'Atelier parentheses.atelier.fr/entreprise-management/article/la-carte-de-fidelite-des-operateurs-le-compte-mobile – view page – cached Safaricom a gagné beaucoup de consommateurs grâce à M-Pesa, parce que c'est un système simple, qui répond à un véritable besoin et qui marche, Tweets about this link Topsy.Data.Twitter.User['matdelat'] = {"photo":"http://s.twimg.com/a/1253209888/images/default_profile_4_normal.png","url":"http://twitter.com/matdelat","nick":"matdelat"}; matdelat: “La carte de fidélité des opérateurs ? Le compte mobile http://tinyurl.com/37vpztn ” 25 minutes ago view tweet retweet Topsy.Data.Twitter.User['ateliernetwork'] = {"photo":"http://a3.twimg.com/profile_images/381048055/oeil_atelier_web_normal.png","url":"http://twitter.com/ateliernetwork","nick":"ateliernetwork"}; ateliernetwork: “La carte de fidélité des opérateurs ? Le compte mobile. http://bit.ly/bh51pc ” 2 hours ago view tweet retweet Filter tweets [...]

Soumis par Twitter Trackbacks for La carte de fidélité des opérateurs ? (non vérifié) - le 21 mai 2010 à 16h44

Vivement la nouvelle version Android Froyo, de la balle rien que en voyant les demos sur le net ou les videos.

Soumis par viva_1 (non vérifié) - le 31 mai 2010 à 19h23

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