La carte à puce peut tout faire.

Par 03 novembre 1998
Mots-clés : Europe

Rappelons qu’au printemps prochain, 50 000 personnes vont expérimenter une carte à puce servant à la fois de réserve d’unités téléphoniques, de porte-monnaie, de stockage de “tickets” de métro, bus ...

Rappelons qu’au printemps prochain, 50 000 personnes vont expérimenter une
carte à puce servant à la fois de réserve d’unités téléphoniques, de
porte-monnaie, de stockage de “tickets” de métro, bus ou de billets de
train, carte orange ou d’abonnement, compteur à points de fidélité… Cette
carte est exploitée par Modéus regroupant trois banques chargées de
l’élaboration du porte-monnaie, la RATP et la SNCF, bientôt rejoints par
les Banques Populaires et France Télécom.
Ayant le look d’une carte bancaire ou de téléphone, cette carte possède
une puce assortie d’un minuscule haut-parleur appelé Piezo. Une minipile
au lithium est activée sur une simple pression du doigt. Le
microprocesseur émet alors un signal crypté amplifié par le haut-parleur.
Le cri lâché devant un combiné de téléphone suffit pour qu’on reconnaisse
la carte à distance et que l’on identifie celui qui est au bout du fil.
Les premiers intéressés sont bien sûr les opérateurs de téléphones. Pour
s’identifier, leurs clients n’auront plus besoin de taper une longue suite
de chiffres. Non seulement, les distributeurs pourront verrouiller les
accès à leur hot-line, mais les banquiers pourront sécuriser l’accès à
leurs services de “banque à domicile” et il sera possible d’effectuer en
toute tranquillité ses achats sur l’Internet.

Il existe aussi la machine à sous portable. De la taille d’un game boy,
c’est la réplique en miniature d’une véritable machine à sous. Les sous
électroniques sont stockés dans le microprocesseur d’une carte plastique.
Les “recharges” s’achètent dans les kiosques à journaux et dans les
bureaux de tabac. Une fois les sous accumulés dans la puce, il suffit de
rapporter la carte à puce chez le vendeur pour que celui-ci rembourse les
gains. La machine inventée par Gemplus existe déjà, mais seulement en
Russie où elle connaît un vif succès.
Avant la crise, il s’en est vendu en quelques mois 30 000 exemplaires.

Roland Moreno, inventeur il y a vingt-cinq ans de la puce, a, quant à lui,
déposé le brevet d’une carte baptisée Audionet. Celle-ci exploite la
possibilité récente d’écouter chez soi des morceaux de musique provenant
d’Internet. L’irruption du standard MP3 a donné l’idée à Roland Moreno de
commercialiser la musique apportée ainsi au foyer. Grâce à la puce, il
veut en faire un mode de diffusion grand public. Roland Moreno veut ainsi
convaincre les fabricants d’enceintes de vendre avec leurs enceintes un
petit boîtier lecteur de carte que l’on brancherait sur la prise
téléphonique. Plus besoin dans ce cas d’ordinateur pour puiser sur
Internet le dernier tube que l’on souhaite. Associée au lecteur, la carte
permet de choisir son site et sur le site son morceau et de payer, bien
sûr, au passage des droits.
La carte ferait aussi office de porte-monnaie.
(Libération 03/11/1998)

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