Des cartes de connaissance collaborative améliorent l'accès à l'information

Par 23 mai 2012 2 commentaires
Des cartes de connaissance collaborative améliorent l'accès à l'information

Pour cibler directement les contenus intéressants en fonction d'une recherche donnée, une solution pourrait être de demander aux internautes précédents d'indiquer leurs préférences sur une carte accessible à tous.

Pour mieux accéder à ce que l'on recherche sur un moteur ou faciliter l'accès à une information quand on arrive sur un site, l'Université Carnegie Mellon (CMU) et Microsoft Research ont décidé de recourir à la communauté. "Chaque année, 70 milliards d'heures  sont consacrées au déchiffrage de l’information recueillie en ligne", regrette Aniket Kittur, professeur adjoint à l'Institut d’Interaction entre l’homme et l’ordinateur à la CMU. L'équipe travaille ainsi sur un système reprenant le principe des cartes de connaissance numériques pour permettre de se référer à des recherches effectuées antérieurement par d'autres internautes lors de la navigation sur une page. Pour rappel, une carte de connaissances représente graphiquement un ensemble de savoirs dans un domaine. Elle permet de schématiser le travail de recherche, en faisant appel au savoir-faire et aux travaux d'utilisateurs précédents.

Comment fonctionne ce processus ?

Avant de décider de travailler sur ce principe, les chercheurs ont d'abord réalisé une étude, dont le but était de déterminer l’utilité ou non pour les usagers de se servir de travaux antérieurs. Cette étude pilote a été réalisée sur papier : un premier utilisateur devait trouver des informations pertinentes sur le web à partir de mots clés, les imprimer puis tenter de les organiser dans des groupes. Il devait les ordonner sur un support neutre et relier les informations grâce à des flèches, des notes, et des codes couleurs. Le deuxième devait améliorer davantage l'organisation grâce à la création de colonnes structurées. Il avait aussi pour tâche de répertorier les différents avantages de chaque site, et y annoter les informations clés. Le troisième exécutait la même tache, mais n’effectuait souvent que de faibles modifications. Résultat : selon les participants, il aurait été plus facile d'accéder à de l'information pertinente après avoir consulté cette carte. "Les premiers prototypes seront probablement des plug-in téléchargeables via les navigateurs web", affirme Kristie Fisher, chercheuse chez Microsoft.

Ce processus se heurte à des difficultés

Ils permettront aux gens de sauvegarder rapidement leur recherche sur un sujet donné et d'organiser ces informations dans les "cartes de connaissances". De même, d’autres internautes seront en mesure d'accéder et d’alimenter ces cartes créés par d'autres utilisateurs. Malgré tout on constate que pour un sujet, deux utilisateurs sont susceptibles d’avoir un niveau d'expertise différent. Cela pourrait compliquer et ralentir la tache si les démonstrations de l'utilisateur précédent sont source de confusion pour le suivant. En effet, ce dernier perdrait du temps au lieu de s’approprier le sens du texte. De plus, les usagers certes, favorables aux cartes améliorées par les utilisateurs, privilégient souvent leurs propres cartes vierges dans le cas où la carte n’a été annotée qu’une seule fois. Pour favoriser l’utilisation de cartes récemment modifiées plutôt que la création de nouvelles, on pourrait par exemple rémunérer les utilisateurs qui modifient un support déjà créé ou encore obliger les utilisateurs à intégrer certaines "premières remarques" sur des cartes avant de leur donner accès à celles complétées. 

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2 Commentaires

Bonjour,

La question du web n'est plus uniquement, comment gérer la lecture de l'information (Web 1.0) mais aussi désormais comment rendre accessible son écriture (Web 2.0) dans le contexte d'une interopérabilité du sens
(Web 3.0). L'enjeu bien soulevé dans l'article est qu'il convient de mettre en place des technologies simples pour rendre accessible à tous les moyens d’exploiter ces informations d'où le recours aux cartes de connaissances. Or, Il y a au moins deux défis à relever. Le 1er défi est celui des cartes de connaissances desquelles l'on va pouvoir générer et représenter une grande diversité de points de vue sur l'information, pour les partager au sein d'un collectif. C'est une problématique de design d'information. Dans le projet "Jardin des connaissances", (http://jardindesconnaissances.com/) Samuel Szoniecky propose un dispositif qui facilite l'organisation individuelle et collective des connaissances à partir d'une analogie : le jardin. L'analogie est ici efficace puisqu'elle donne sens à un écosystème d'informations autour d'une organisation de pratiques collectives qui situent des actions (planter, semer, entretenir..) . Le 2nd défi est celui de la modélisation des différents types d'interaction avec l'information. Samuel Szoniecky, toujours, organise cette modélisation à partir de 3 types d'interaction avec l'information (documents, concepts, rapports). Il s'appuie d'ailleurs sur la notion d'univers sémantique conçu comme un réseau de concepts (tags) perméables qui sont en relation les uns avec les autres. Pour cela, il se réfère au métalangage IEML développé par Pierre Lévy. chaque tag correspond à une adresse sémantique unique définie avec le langage IEML, celle-ci est appelée une USL (Unique Semantic Locator). IEML fonctionne comme un langage pivot, c'est un système d'adressage des concepts capable de connecter différents systèmes de catégorisation et d'organisation des données.

Qu'en conclure ? Penser le web comme un écologie cognitive dans lequel l'on organise des pratiques collectives intègre deux défis, celui du design d'information et des technologies qui vont catégoriser, organiser des données. Tout cela relève d'un véritable engagement, de ceux qui n'auront pas seulement l'intention d'accéder aux savoirs mais aussi de participer à son évolution (ex : Wikipédia). Aussi, des dispositifs sur le web comme les cartes de connaissances devront proposer la mise en pratique de solutions d'interopérabilité ( ex: IEML) pour une meilleure implication des usagers dans les processus de consommation, d'échange, de partage et de production de connaissance (ex : design d'information).

Soumis par Lacassaigne Philippe (non vérifié) - le 29 mai 2012 à 09h20

Bonjour,

La question du web n'est plus uniquement, comment gérer la lecture de l'information (Web 1.0) mais aussi désormais comment rendre accessible son écriture (Web 2.0) dans le contexte d'une interopérabilité du sens
(Web 3.0). L'enjeu bien soulevé dans l'article est qu'il convient de mettre en place des technologies simples pour rendre accessible à tous les moyens d’exploiter ces informations d'où le recours aux cartes de connaissances. Or, Il y a au moins deux défis à relever. Le 1er défi est celui des cartes de connaissances desquelles l'on va pouvoir générer et représenter une grande diversité de points de vue sur l'information, pour les partager au sein d'un collectif. C'est une problématique de design d'information. Dans le projet "Jardin des connaissances", (http://jardindesconnaissances.com/) Samuel Szoniecky propose un dispositif qui facilite l'organisation individuelle et collective des connaissances à partir d'une analogie : le jardin. L'analogie est ici efficace puisqu'elle donne sens à un écosystème d'informations autour d'une organisation de pratiques collectives qui situent des actions (planter, semer, entretenir..) . Le 2nd défi est celui de la modélisation des différents types d'interaction avec l'information. Samuel Szoniecky, toujours, organise cette modélisation à partir de 3 types d'interaction avec l'information (documents, concepts, rapports). Il s'appuie d'ailleurs sur la notion d'univers sémantique conçu comme un réseau de concepts (tags) perméables qui sont en relation les uns avec les autres. Pour cela, il se réfère au métalangage IEML développé par Pierre Lévy. chaque tag correspond à une adresse sémantique unique définie avec le langage IEML, celle-ci est appelée une USL (Unique Semantic Locator). IEML fonctionne comme un langage pivot, c'est un système d'adressage des concepts capable de connecter différents systèmes de catégorisation et d'organisation des données.

Qu'en conclure ? Penser le web comme un écologie cognitive dans lequel l'on organise des pratiques collectives intègre deux défis, celui du design d'information et des technologies qui vont catégoriser, organiser des données. Tout cela relève d'un véritable engagement, de ceux qui n'auront pas seulement l'intention d'accéder aux savoirs mais aussi de participer à son évolution (ex : Wikipédia). Aussi, des dispositifs sur le web comme les cartes de connaissances devront proposer la mise en pratique de solutions d'interopérabilité ( ex: IEML) pour une meilleure implication des usagers dans les processus de consommation, d'échange, de partage et de production de connaissance (ex : design d'information).

Soumis par reseaunable - le 29 mai 2012 à 09h26

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