Des catastrophes naturelles mieux gérées grâce au crowdchecking ?

Par 11 août 2014
Verily crowdchecking

Les services d'urgence voudraient recourir davantage aux médias sociaux dans leur manière de gérer les crises. Pour cela, des chercheurs Anglais étudient la piste de la vérification participative.

Selon l'analyse a posteriori des tornades ayant sévi aux États-Unis en 2011 réalisée par le chercheur Thomas Neiderkrotenthaler, les informations contenues sur les médias sociaux sont considérées comme plus fiables que celles diffusées par les médias. Mais encore doivent-elles être avérées. Dans le but de mieux répondre aux besoins humanitaires, des chercheurs de l'Université de Southampton ont donc participé au développement de Verily, une application web destinée à récolter des preuves sur les informations diffusées lors des catastrophes naturelles. Car souvent, les organismes en charge d'apporter des secours en situation d'urgence sont confrontés à des informations contradictoires, notamment lors de l'observation des médias sociaux dont les contenus sont partagés sans être vérifiés.

Tester la réaction et l'efficacité de potentiels fact-checker

Dans la vague du fact-checking, l'outil Verily a été conçu pour fournir le plus rapidement possible une information fiable lors d'une crise. Il s'agit, selon l'exemple développé pour tester la viabilité du dispositif, de recourir à une vérification appuyée d'une justification (preuve) par une foule de personnes sur Internet. Par exemple, l'une des questions du test demandait de vérifier si la rue représentée sur une photographie était située à Rome. Un beta-testeur de l'application a réfuté l’affirmation en prouvant à l'aide d'une autre autre photo référencée qu'il s’agissait d’une autre ville italienne. Les différentes techniques utilisées comme élément de preuve pour appuyer les réponses se sont révélées concluantes, mais il reste à savoir si le modèle sera efficace en période de crise.

Aider les services d'urgence via le participatif

Des outils ont déjà été développés pour détecter parmi les publications trouvées sur les sites sociaux celles qui peuvent être utiles aux services d'urgence en cas d'accident, à l'image de Twitcident, qui repose sur une intelligence artificielle. Le recours au participatif - qui prouve chaque jour son succès sur des sites comme Wikipédia ou Tripadvisor - est prometteur dans une utilisation relative aux catastrophes naturelles. Si cette vérification par la foule parvenait à faire ses preuves, elle permettrait aux services d'urgence d'exploiter davantage les informations diffusées sur les médias sociaux. Tout le monde s'accorde sur la valeur de ces sources comme étant précieuses et efficaces mais qui, à cause de leur dimension incertaine, ne peuvent systématiquement être à l'origine de prises de décisions.

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