"Le centre commercial devient un moyen de communication plutôt qu'un lieu de commerce"

Par 08 novembre 2012 Laisser un commentaire
Jean-Michel Silberstein

Pour de plus en plus d'individus, et notamment des professionnels du secteur, l'avenir du magasin réside dans sa capacité à communiquer sur les produits et à leur mise en avant (showrooming) plutôt que sur la vente.

Interview de Jean-Michel Silberstein, délégué général du CNCC à l’occasion de l’étude menée à la demande du CNCC (Centre National des Centres Commerciaux) par BearingPoint.

L'Atelier : Quel est selon vous l’avenir du magasin ?

Jean-Michel Silberstein :Il va prendre des formes multiples. Dans les centres commerciaux et les centres villes, il y aura un point de vente proche de ce que l’on connaît aujourd’hui. Une partie, certes va changer, environ 20 à 30% du commerce à cause de la concurrence. Dans le domaine de l’électroménager par exemple, il y a une véritable pertinence de la spécialisation.

Comment vont évoluer les enseignes ?

Les évolutions vont se tourner vers davantage de showrooming. En effet, les marques s’exposeront dans les centres commerciaux afin de créer une expérience du produit avant que les consommateurs n’achètent sur un circuit de distribution. Enfin, dans divers domaines, il y aura une flexibilité dans l’utilisation de la surface. Et certains produits ne seront disponibles que dans la période adéquate, comme le maillot de bain par exemple. Globalement, le développement des centres commerciaux va s’accentuer car le besoin d’exposition au consommateur et l’expérience qu’on doit lui offrir doit se faire dans des lieux qu’il visite. Aujourd’hui, on réfléchit à de nouveaux concepts, après cette période de réflexion, il y aura une relance significative qui ouvrira la voie à de nouveaux horizons.

Et concernant la digitalisation du point de vente ?

La difficulté, c’est d’être capable de proposer des espaces à de nouveaux formats. En effet, elle réside dans le fait d’offrir à ces nouveaux formats les surfaces dont ils ont besoin. Il y aura peu de turnover, 5 à 10% en fonction des sites. Il est difficile de loger les nouvelles enseignes. Mais il est impératif de faire cet effort afin de maintenir l’attractivité commerciale. Ce sont en effet ces marques, comme Hollister par exemple, qui font la qualité de la commercialité. Chaque foncière de centre commercial sillonnent le monde pour trouver des concepts nouveaux. Il est difficile de former des gens. Autrefois, les directeurs immobiliers étaient les contacts, mais désormais, nous vendons une audience. Il faut développer une relation qui soit celle du centre commercial par rapport à la zone de chalandise et non les enseignes. La réalité est que le centre commercial devient un moyen de communication plutôt qu’un lieu de commerce. Donc nous devons comprendre les problématiques des commerçants et des visiteurs.

Mentions légales © L’Atelier BNP Paribas