Chine : l'e-banking est à la portée de tous les établissements financiers

Par 14 mars 2008

Yucheng Technologies propose une plate-forme de solutions financières accessible en ligne. Ce prestataire espère ainsi ouvrir les petites banques chinoises au web.

Mettre à la disposition de toute institution chinoise un service clef en main de banque en ligne. Tel est le projet de Yucheng Technologies, SSII de l'Empire du Milieu spécialisée dans le secteur bancaire. Sa plate-forme d'e-banking sur le web vise aussi bien les banques commerciales et les coopératives de crédits, citadines ou rurales. But de la  manœuvre : permettre à un nombre important d'institutions financières de disposer de toute l'infrastructure nécessaire au lancement de services de transactions en ligne. Et donc d'élargir le nombre de e-services proposés à leurs clients. Le coût élevé des infrastructures permettant le déploiement de tels services empêche en effet beaucoup d'institutions modestes ou débutantes à se lancer sur le web. La réalité parle d'elle-même : seul un faible nombre des dix-neuf milles sociétés bancaires de petite taille chinoises fournissent des services financiers et bancaires sur internet.
Un coût de fonctionnement à l'usage
D'où l'intérêt d'un modèle SaaS (version moderne de l'ASP, Application Service Provider), qui évite des coûts d'acquisition et de gestion d'infrastructures importants. Très classiquement, les institutions financières intéressées devront s'acquitter d'un abonnement annuel et d'un pourcentage sur les revenus générés par transactions. "Cette plate-forme pourrait se révéler intéressante pour le client banque qui n'aura pas à assumer des frais d'investissements, mais seulement de fonctionnement", explique Philippe Torrès, directeur des Etudes et du Conseil à L'Atelier. Côté sécurité, Yuchang a signé un agrément avec la China Financial Certification Authority (CFCA), une joint venture rassemblant les treize principales banques du pays sous l'égide de la Banque Populaire de Chine et chargée de la sécurité financière nationale. L'autorité hébergera la plate-forme et sera chargée d'assurer un niveau de sécurité des transactions optimum ainsi que la disponibilité permanente des services.
Un intérêt pour les pays émergents
"Le succès de la plate-forme dépendra de sa capacité à garantir la sécurité, la confidentialité et l'intégrité des données, qui ne seront plus hébergées par la banque. Cet aspect est encore à démontrer". Il pourrait également permettre à Yucheng de proposer ses services à d'autres pays. Notamment ceux en développement (Asie, Afrique, etc.). Les institutions financières de ces derniers disposant encore de moyens souvent limités. Un service possible seulement "si l'infrastructure existante - pour les banques et pour les clients – dans les pays en développement permet d'accéder à ce type d'applications, et si les fournisseurs d'e-services bancaires hébergés arrivent à aligner leurs prix", ajoute Philippe Torrès. Rien n'est encore fait cependant : la plate-forme ne sera pas lancée avant un ou deux mois. Ce, juste en Chine. "Avant de prédire son succès, il faudra savoir si les services standard proposés répondent aux besoins réels des clients. Et à leur portefeuille", conclut le directeur des études de L'Atelier.

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