Cinq préconisations pour stimuler l'adoption du dossier médical personnel

Par 18 novembre 2010
Mots-clés : Smart city, Europe
un stéthoscope sur un clavier

Pour convaincre en France les utilisateurs publics et professionnels, le DMP doit répondre à leurs attentes surtout en terme de traçabilité, de partage et de sécurité des informations.

 

Au vu des craintes que le dossier médical personnel (DMP) suscite chez les patients comme chez les professionnels de santé, tant en terme de sécurité des informations que de la validité des données qu'il contient,l’Institut Montaigne propose un plan d'action composé de cinq préconisations visant à la réussite de son adoption. Concrètement, le dossier médical personnel doit jouer sur "la confidentialité, la traçabilité et la collégialité des informations qui y sont contenues", expliquent les spécialistes. Pour débuter la phase d'intégration publique, ces derniers préconisent de cibler une population spécifique. Particulièrement "les personnes atteintes d'affections dites de longue durée qui représentent les trois quart des dépenses de l'assurance maladie".

Un DPM national se joue aussi en local

Car si elles présentent une certaine sensibilité aux outils de suivi médical dû à davantage de traitements multidisciplinaires, cela pourrait également répondre à la demande d'un meilleur partage des informations pour les praticiens travaillant en concertation avec d'autres professionnels. Les consultants de l'Institut recommandent également de décentraliser le système. "Un DMP national ne doit pas empêcher les acteurs locaux de continuer à travailler sur des initiatives de terrain", expliquent-ils. Autre proposition concernant cette fois l'aménagement du masquage des données, qui ne convainc que 37 % des médecins. Les consultants préconisent de mettre en place un double masquage. Cela permettrait aux médecins de connaître soit le type d'information qui a été masquée soit la proportion d'informations cachées. Pour ainsi estimer les risques associés à l'utilisation des données du DMP d'un patient.

Remise en question du masquage des données

Car "s'il est légitime pour l'individu de ne pas vouloir communiquer certaines informations de santé, les risques sanitaires liés au masquage des données sont nombreux", rappellent les consultants. En outre, certains professionnels de santé craignent d'engager leur responsabilité sur des données qu'ils ignorent. Le risque est donc de voir les praticiens refuser d'utiliser un outil avec aussi peu de traçabilité, ajoutent-ils. Enfin en terme de modèle économique, ils envisagent la possibilité de faire appel aux assureurs, employeurs et investisseurs privés comme des investissements alternatifs pour financer une partie du DMP. Dernier point important : une campagne d'information doit être prévue avant la généralisation du DMP. Pour permettre aux utilisateurs de se préparer à l'arrivée de ce nouvel outil de gestion. Et, "pour en garantir les usages et prévenir des risques associés aux dossiers médicaux électroniques", concluent-ils.

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