Les CIO sont-ils les nouveaux venture capitalists?

Par 11 février 2014
VC_L'Atelier

Un rapport de Deloitte prône une approche nettement plus proactive du rôle des services informatiques, depuis la protection de la stabilité structurelle vers les paris technologiques.

Les services informatiques, et particulièrement leurs dirigeants, sont en pleine mutation, leur rôle étant devenu central dans l'approche de la productivité et de la compétitivité d'une entreprise. Avec le développement du Big Data, ces services semblent, plutôt que d'innover au sens propre, chercher à rattraper leur retard dans les systèmes de fonctionnement de l'entreprise. Cette recherche ne serait-elle pas plutôt un signe des limites de la vision traditionnelle du secteur informatique dans l'entreprise ? C'est la question que soulève le cabinet Deloitte dans son rapport en proposant de faire évoluer le rôle des CIO, du simple poste de technicien de maintenance vers celui d’un innovateur à part entière, avec la part de risque induite. L’étude s'inspire ainsi de l'approche suivie par les Venture Capitalists, dans la gestion des investissement porteurs et l'approche proactive, pour repenser un CIO réellement intégré dans les instances de direction et de pilotage de l'entreprise.

Venture Informatic

Sous la plume des consultants, cette comparaison entre VC et CIO ne naît pas d'un manque d'efficacité ou de professionnalisme des secteurs informatiques. Au contraire, il s'agit pour les dirigeants informatiques, comme pour le reste des dirigeants de l'entreprise, de prendre conscience de la complexité déjà existante de ce poste qui doit jongler entre exploiter ses actifs et rester constamment à la pointe de l'innovation. Ce portefeuille d'investissement, entre la gestion des actifs, talents, capital humain et technologique, mais aussi efficacité des procédures mises en place, et la projection dans de nouveaux projets oblige déja les CIO à dépasser le cadre de simples techniciens. Suivre, dès lors, en partie l'exemple du venture capitalist consiste d'abord à prendre conscience de cette réalité. Il s'agit en premier lieu pour les dirigeants informatiques d'évaluer la composition de leur portfolio pour en exprimer la plus grande efficacité. Plus encore qu'un outil de maximisation de l'efficience à l'intérieur du service, il s'agit aussi d'offrir aux dirigeants de l'entreprise une image familière en termes d'impact stratégique ou de relation coût-bénéfice. L'étude s'appuie ainsi sur diverses statistiques concernant les attentes des CIO pour les prochaines années : 90% d'entre eux se focalisant sur une plus grande agilité de leurs équipes dans les projets, tout comme 52% avancent la difficulté de penser la direction informatique comme un business comme étant un handicap. Dès lors, cette approche VC, plus souple, plus agile, est aussi et surtout le signe de la nécessité de décloisonner les services, et plus particulièrement les services informatiques.

Portfolio d'innovations

Le second apport de l'approche issue du venture capitalist tient à la capacité donnée aux dirigeants informatiques de prendre certains risques dans la conduite de leur stratégie d'innovation. L'étude de Deloitte met ainsi en avant, plutôt que de s'équiper de logiciels d'entreprises classiques, coûteux et souvent relativement en retard technologiquement, de peut être s'appuyer sur l'expertise des dirigeants informatiques. Ainsi, s'octroyer les services de startups spécialisées peut obliger les dirigeants informatiques à un travail d'accompagnement plus important mais peut aussi permettre à l'entreprise de disposer de technologies proprement de pointe dans leur conduite informatique. Cependant, une telle approche n'est viable que si l'entreprise permet une réelle souplesse du secteur informatique afin de pouvoir se détacher de projets qui échouent en minimisant les pertes, tout comme les venture capitalists.

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