La cité du futur vaut bien un centre de recherche

Par 29 octobre 2009

Pour adapter dès aujourd'hui les villes aux besoins de demain, l'école Polytechnique de Zurich installe un laboratoire à Singapour. Au programme : développement de logiciels de simulation des flux qui composent une ville.

"Dans les 25 années à venir, un milliard de personnes vont migrer vers les villes", explique à L’Atelier Gerhard Schmitt, professeur d’architecture à l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich. "Il est devenu vital de changer la manière dont nous les construisons". C’est pour répondre à ce défi que l’université suisse* va établir à Singapour une plate-forme de recherche sur le développement urbain. Baptisée Future Cities Laboratory, elle permettra aux architectes et aux scientifiques d’explorer le futur des villes dans une approche interdisciplinaire. Les chercheurs étudieront la question des transports, l’approvisionnement en eau, le développement social, ainsi que l’aménagement du territoire. Ce, en travaillant sur des systèmes de simulation dédiés à optimiser l'organisation des villes de demain.
Etudier la ville comme un ensemble dynamique
"Les véritables avancées proviendront de logiciels capables de simuler les flux qui composent une ville : habitants, énergie, eau, capital, information...", explique t-il. L’université de Zurich est d’ailleurs à l’origine du projet Value Lab, qui pose les bases de ce concept. "Les villes constituent le système le plus complexe jamais bâti par l’homme", justifie-t-il. "Nous pensons qu’il est nécessaire de les étudier comme un système dynamique pour établir des simulations et des scénarios beaucoup plus précis et justes". Le laboratoire développera aussi de technologies de construction durables et de nouveaux matériaux, et réfléchira à des modèles architecturaux adaptés à ces nouveaux espaces. Après une première phase de recherche théorique sur les divers sujets abordés, une période de test aura lieu au sein d'un studio de recherche.
Les villes : des laboratoires grandeur nature
Les villes existantes seront également utilisées comme des laboratoires grandeur nature. "Il y aura bien sûr des études de cas, mais nous nous rendrons également sur place pour présenter nos résultats et discuter avec les autorités locales", explique Gerhard Schmitt. Un projet avec Addis-Abeba est par exemple déjà en cours. "Au fil du temps, nous avons accumulé beaucoup de connaissance en Europe, mais ce sont ces pays qui seront les plus concernés par ces problématiques de développement urbain", conclut le professeur Suisse. Le futur ensemble devrait être opérationnel mi-2010.
* En association avec l’université nationale de Singapour et l’université technologique de Nanyang.

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