Quand le client redevient moteur de l'innovation

Par 20 juin 2011 2 commentaires
direction innovation

Les produits et services dans de nouveaux secteurs d'activité sont sur le point de doubler d'ici 2020. Cela à condition que les sociétés adoptent de nouvelles visions du management de l'innovation, et prennent en compte les attentes du client.

L'innovation est en voie de devenir de plus en plus lucrative, et elle est de mieux en mieux gérée, selon le cabinet Arthur D. Little qui publie un rapport sur la gestion de l'innovation dans les dix prochaines années. A en croire les chiffres de leur enquête auprès de directeurs de systèmes d'information et de directeurs techniques, les revenus des nouveaux produits et services tend à passer de 30 à 40 % d'ici 2020, et seront accompagnés d'importants investissements. Pourquoi ? Parce les sociétés appréhendent mieux la gestion des risques et les attentes des consommateurs.

Intégrer l'innovation aux besoins du client

C'est en effet l'un des points les plus intéressants de l'étude. L'innovation va en effet se redéfinir autour du client, prenant en compte son expérience, ses attentes, et ce dans l'idée que les technologies associées au design puissent rendre le produit émotionnellement plus proche de l'usager. Les réseaux sociaux faciliteront ainsi les interactions avec les sociétés, qui devront cependant être plus initiées à l'"Open innovation". Cependant, cela ne pourra se produire uniquement si les entreprises adoptent une approche proactive et si elles créent des valeurs fortes aux yeux de leur public, quels que soient les marchés visés. Autrement dit, elles devront trouver les bons moyens pour s'adapter de manière flexible à de nouveaux marchés. Cette souplesse devra se retrouver dans la manière d'interagir avec les consommateurs, mais également avec les salariés afin d'optimiser leur engagement.

Innover en mesurant les risques

Dans le cas de développement de produits ou services innovants, les sociétés devront intégrer en amont la dimension d'innovation dans les stratégies commerciales. Cela grâce à plusieurs facteurs, comme l'adoption de ressources partagées entre différents départements du type marketing, recherche et développement ou encore la production. Par ailleurs, pour produire vite, mais produire bien, le challenge sera d'élaborer des produits avec précision et sans défaut. Cela n'est possible que si le déploiement du produit est progressif, et que si les équipes de développement se coordonnent à l'international, afin d'être opérationnelles 24h/24h et sept jours sur sept. Enfin, la prévention des risques passera par la mise en place d'essais et d'expérimentations, de plus en plus accessibles, notamment grâce aux technologies de virtualisation.

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2 Commentaires

hmmm. Pas très convaincante l'étude d'Arthur D Little! La véritable innovation; celle qui change les règles d'un marché ne vient quasiment jamais des clients. Se laisser conduire par les clients, surtout en B2C, c'est de l'optimisation. C'est très important, mais ça n'est pas de l'innovation. De plus, les états-majors frileux rivés à leurs cours de bourse sont des freins très efficaces à l'innovation. Heureusement, il y a encore quelques entreprises globales réellement innovantes... et beaucoup de petites mais, parmi elles, très peu deviennent de grands acteurs stables et pérennes.

L'autre aspect (de l'optimisation donc..) évoqué par l'article, c'est l'agilité des organisations pour sortir de nouvelles offres, et l'approche par incréments. Dans ce domaine il y a d'énormes différences selon les industries, mais il est vrai que la durée de vie (commerciale) des produits a tendance a diminuer.

Soumis par Olivier Riviere (non vérifié) - le 20 juin 2011 à 17h43

L'innovation par incrémentation est aussi une forme d'innovation, de même que l'innovation par la "copie" (ou inspiration). L'iPhone en est un exemple : les écrans tactiles, le web mobile, tout ça existait avant l'iPhone. Pourtant l'iPhone fait clairement partie des innovations, parce qu'il marche (très) bien (un critère indispensable pour définir une innovation d'un point de vue sociologique) , et parce qu'il a ainsi permis l'adoption massive de ces technologies par tout le secteur des téléphones mobiles et par le grand public.
Et pour rester dans le cas de l'iPhone, les augmentations de capacité d'un modèle à l'autre sont également des innovations. Leur impact est cependant moins important que le concept de téléphone apparu avec le 1er iPhone. A bien y réfléchir, cette analyse peut s'appliquer à quasiment tous les produits d'Apple. Il me semble cependant qu'on ne puisse dire qu'Apple n'est une entreprise innovante. En bref, je dirais qu'il ne faut pas attendre d'une innovation une révolution.
Cependant, il est clair que les états-majors sont généralement frileux et se basent sur les cours de bourse, qu'une révolution technologique ou de consommation risquerait de déstabiliser, et sur les études marketing qui sont sensées repérer les tendances et donc garantir (autant que cela est possible) l'adoption future de nouveautés. Et si les cours de bourse peuvent être un frein, le marketing peut au contraire faciliter l'innovation. Etonnamment, les grosses entreprises, disposant à priori de gros services de marketing, sont globalement moins innovantes que les PME (et même TPE) qui disposent rarement de réel service marketing. D'où la nécessité qu'il y a pour les grosses entreprises de suivre et d'aider des start-up qui prennent le risque d'innover, que ce soit par essaimage, par projet passerelle, par projet de R&D collaboratif, ou par incubation.
[PS : je n'arrive pas à télécharger l'étude en question, le lien proposé dans l'article arrive sur une page inexistante.]

Soumis par Ecorecherche (non vérifié) - le 21 juin 2011 à 08h16

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