Le cloud computing communautaire s'inspire du grid

Par 07 octobre 2009
Mots-clés : Digital Working, Europe

En s'appuyant sur des réseaux d'utilisateurs qui mettent leurs ressources informatiques en commun, il est possible de créer un modèle de cloud-computing indépendant et écologique, affirment des chercheurs britanniques.

En parallèle des solutions d'informatique dans les nuages proposées par des géants de l'informatique comme Google, Microsoft ou Amazon, une équipe de chercheurs britanniques* propose de développer ce qu'ils appellent le cloud computing communautaire. Pourquoi faire appel à une communauté sociale ? Parce que, selon eux, un tel système sera plus à même d’assurer la protection des données. Les chercheurs estiment tout d'abord que le nombre d'acteurs privés dans le domaine est insuffisant. Vu le nombre d'entreprises qui font appel à ce type de services, la moindre panne aurait un impact sur l'économie. Ils invoquent également l'argument de l'environnement. Dernier reproche : ce manque de diversité des acteurs étouffe l’innovation.
Instaurer une "monnaie" propre à la communauté
Le système d'informatique dans les nuages communautaire qu'ils défendent proposera aux participants de télécharger un programme qui leur fournira un identifiant unique, nécessaire pour se connecter à un serveur commun. "Pour les développeurs d’application, le fonctionnement sera exactement le même que pour les services de cloud-computing commerciaux", explique à L’Atelier Alexandros Marinos, l'un des auteurs de l’étude. Ils déploieront leur application et en garderont le contrôle. La seule différence est que ces services seront hébergés par la communauté, ainsi que les ressources nécessaires. Sur le modèle de ce qui se fait pour les grilles informatiques.
Wikipedia et YouTube, potentiels bénéficiaires
Pour assurer le bon fonctionnement de cette communauté, les chercheurs proposent un fonctionnement basé sur une rémunération des participants. Un internaute cumulera du "crédit" en donnant accès à ses ressources. Crédit qu’il pourra réutiliser pour accéder aux ressources de la communauté. Ils considèrent par ailleurs que l’empreinte écologique d’un tel système sera inférieure à celle des sites commerciaux en usage. Elle fera en effet appel à des ressources informatiques sous-exploitées plutôt que d’en créer de nouvelles. Les auteurs citent Wikipédia et YouTube comme potentiels bénéficiaires d’un tel système. Plutôt que de fabriquer des infrastructures nécessaires à l’hébergement de données toujours plus nombreuses et plus lourdes, ces organisations pourraient s’appuyer sur leurs communautés, déjà forte.
*Issus de l’université de Surrey et de la London School of Economics

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