Le cloud computing réduit les coûts de l'imagerie médicale

Par 23 novembre 2009 1 commentaire

Traiter à distance des données récoltées à l'aide d'un matériel basique facilite l'usage des scanners dans les pays émergents. Ce, sans nécessiter d'investissements d'ampleur.

L’Organisation Mondiale de la Santé s’inquiète sur son site Internet du manque d’accès des populations des pays émergents à l’imagerie médicale. Pour apporter une solution à ce problème, l’université hébraïque de Jérusalem et celle de Californie de Berkeley proposent de passer par l’informatique dans les nuages. Leur idée est d’assurer l’acquisition de données à l’aide d’un matériel bon marché et ne nécessitant pas d’expertise particulière. "L’aide soignant en zone isolée utilise un scanner très basique", explique à L’Atelier Arie Meir, qui participe au projet. "Il se connecte ensuite par le biais d'un téléphone pour envoyer les informations ainsi récupérées à un serveur dans les nuages où elles sont traitées". Elles sont ensuite interprétées via Internet par un expert médical. Le diagnostic est renvoyé au personnel sur place pour que les soins appropriés soient apportés au patient.
Permettre aux médecins de se concentrer sur les cas les plus graves
Pour pallier d'éventuels problèmes de connexions, les données sont stockées dans la mémoire tampon de l’appareil. Il est donc possible au soignant d’envoyer celles-ci un peu plus tard, quand il sera revenu à une clinique équipée de Wi-Fi. Pour illustrer leur idée, les chercheurs ont mis en place un système permettant de réaliser un scanner 3D à partir d’images en deux dimensions obtenues grâce à un appareil à ultrason. Les images sont traitées à distance, évitant aux petites cliniques des investissements colossaux ou l’emploi de personnels très formés qu’elles ne peuvent se permettre. "Le développement de la télémédecine est inévitable", confirme à L’Atelier Ghislaine Alajouanine, présidente de la Commission Galien*. "C’est un des apports des nouvelles technologies à la santé, cela permet aux médecins de se concentrer sur les cas les plus graves".
L’Afrique prend de l’avance pour la santé équitable ?
Selon elle, l’avance acquise par l’Afrique dans le domaine de la communication mobile pourrait même lui permettre l’accès à une santé équitable avant les pays développés. "L’explosion des connexions mobile en Afrique est un raccourci vers la modernité", justifie-t-elle. "Alors que les pays développés doivent gérer une lourdeur administrative". Quoiqu’il en soit, le développement de tels systèmes ne pourra pas se faire sans qu’il y ait une vraie volonté politique. "Cela devra se réaliser dans le cadre de partenariats public/privé et de manière collaborative", explique-t-elle. Un modèle bien compris par Arie Meir et son partenaire : "Nous travaillons avec différents pays, comme l’Inde", explique-t-elle."Aussi bien au niveau gouvernemental qu’avec de grandes entreprises ayant à leur disposition du matériels et des logiciels de cloud computing, comme Google".
* et impliquée dans le développement de la télémédecine. Elle participe notamment au projet Kit SOS, une trousse d’aide au diagnostic à distance.

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1 Commentaire

Pour compléter ce bel article soulignant le manque d’accès des populations des pays émergents à l’imagerie médicale, j'aimerai citer Téléradiologie Sans Frontières, association européenne, active dans ce secteur depuis 2007 et utilisant elle aussi le utilisant le "cloud computing".

Le but de Téléradiologie Sans Frontières est d'optimiser l'interprétation des dossiers radiologiques, dans les pays en voie de développement via une plateforme de télé-radiologie (cloud computing) permettant le développement d'un réseau international d'expertise en radiologie.

Le réseau de TSF est constitué de radiologues bénévoles expérimentés (lecteurs), associés en « groupes d'interprétation » qui couvrent l'ensemble des sub-spécialités radiologiques.

Chaque lecteur est préférentiellement lié à un radiologue exerçant dans un pays en voie de développement (émetteur).

Les dossiers radiologiques cryptés sont transmis sur une plateforme de téléradiologie. Celle-ci permet la transmission, le retraitement, l'analyse des images ainsi que la rédaction d'avis.

Actuellement les radiologues de TSF sont basés en Belgique, en France, au Luxembourg, au Portugal, au Venezuela et aux Etats-Unis.

Soumis par Dr JB Niedercorn (non vérifié) - le 27 décembre 2009 à 18h37

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