La collaboration en ligne fédère les communautés physiques

Par 28 septembre 2010
Communauté

Adopter des outils de partage virtuels facilite les échanges au sein d'un groupe d'individus bien réel, affirment l'institut d'Helsinki et l'université de Berkeley. Une réalité à prendre en compte par les entreprises.

Pour encourager l'entraide à l'intérieur d'une communauté réelle, l'une des solutions consiste à passer par le virtuel, constate une équipe de chercheurs de l'université de Berkeley et de l'institut des sciences technologiques d'Helsinki. Les scientifiques s'apprêtent à publier une étude dans laquelle ils analysent l'utilisation par des étudiants de l'université d'Aalto d'un service en ligne de partage mis à leur disposition. La plate-forme, baptisée Kassi, permet à la communauté virtuelle d'échanger des services et des biens. "Kassi est un système d'échange conçu pour des environnements géographiques localisés", spécifient les chercheurs. Selon eux, adopter des outils collaboratifs peut faire disparaître des barrières rencontrées dans le monde physique entre des individus qui hésitent à entrer en contact. Cela, malgré leurs besoins respectifs de résoudre des problèmes collectivement. Et de ressouder une communauté physique qui se délite, ou qui est trop cloisonnée.

Développer un contexte favorable à la collaboration

En étudiant les comportements des apprenants sur Kassi, les chercheurs se sont rendus compte que plusieurs phases se succédaient. Les participants commençaient par échanger des biens virtuels, et arrivaient peu à peu aux services proprement dits. L'analyse démontre, selon les scientifiques, que la mise à disposition d'outils spécifiques pour la collaboration virtuelle encourage les individus à se rendre des services bien réels. "Lorsque l'interaction commence en ligne, elle peut se confirmer ensuite, tout simplement parce que les individus sont parvenus à franchir le pas", notent les chercheurs. "Bien entendu, il est possible de développer des communautés en ligne pour favoriser le rapprochement", explique à L'Atelier Olivier Réaud, fondateur de in principo, une société de conseil en management collaboratif.

Partir d'un noyau pour développer une dynamique collective

"Mais l'outil en lui-même ne permet de faire qu'une partie du chemin", précise-t-il. Pour le spécialiste, "c'est un ensemble de règles, de contexte, de culture, d'environnement" qu'il faut parvenir à instituer au sein de l'entreprise. L'essentiel est donc de réfléchir en amont à la finalité de la collaboration. "Il faut avoir une approche intégrale, systémique, de la société - sur ses valeurs, sa stratégie, sur les enjeux à la fois techniques, opérationnels, humains, qui sont les siens", note-t-il. Dernière chose : si l'interaction en ligne facilite les échanges réels, l'inverse est aussi vrai. Selon le spécialiste, "pour lancer la dynamique collaborative, il faut souvent partir d'un noyau physique", explique-t-il. Et de conclure : "Ensuite, il s'agit de toucher les différents niveaux de l'entreprise, au départ sur des sujets périphériques, puis plus impliquants".

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