Pour communiquer efficacement, l'avatar doit aussi veiller à son apparence

Par 24 février 2010

Le physique des personnages virtuels influence la perception que se font les différents intervenants de leurs interlocuteurs. Mais aussi les décisions prises au terme de ces échanges.

L’apparence physique des avatars a un impact non négligeable sur les rapports des individus dans les mondes virtuels. Voilà ce qu'explique Karl macDorman, chercheur à l’université d’Indiana, dans une étude. Selon lui, le degré de réalisme d'un avatar influe sur le rapport que l’on entretient avec lui dans les mondes virtuels. Un constat plus valable pour les hommes que les femmes. "Un personnage féminin peine à obtenir l’empathie des hommes lorsque ses contours graphiques sont mal définis, et ses mouvements saccadés", est-il spécifié. "L’image que donne un personnage virtuel est liée à son apparence, son réalisme, son interactivité. Ces facteurs de présentation peuvent influencer les décisions de ceux qui interagissent avec lui", peut-on également lire. Un constat à prendre en compte par les salariés qui communiquent avec leurs collègues ou des clients via des univers pervasifs.
L’effet de la « vallée dérangeante » doit être considéré
De nombreux mécanismes sociaux, psychologiques et cognitifs entrent en jeu", explique à L’Atelier Karl MacDorman. "Comme dans la vie réelle, les proportions physiques sont prises en compte dans le jugement que l’on se fait de la personne avec laquelle on s’entretient",précise-t-il. Avant d’ajouter : "Les gens jugent les personnes peu attractives moins honnêtes que les autres, par exemple". Aux dires du chercheur, l’importance prise par l’apparence pose problème. Cela peut en effet amener les salariés à prendre de mauvaises décisions, en choisissant le mauvais collaborateur pour un projet déterminé. Pourtant, le réalisme d'un avatar n'est pas forcément ce qui va faire son succès. Le chercheur rappelle en effet l'effet de la "vallée dérangeante", selon lequel plus un avatar ressemble à un être humain, plus ses imperfections paraissent monstrueuses.
Préférer un avatar figuratif à un avatar réaliste imparfait
Il y a deux options : soit le personnage est suffisamment réaliste, auquel cas la vallée est franchie, soit l’avatar est suffisamment figuratif, et l’on demeure de l’autre côté de la vallée",explique le spécialiste. Du coup, mieux vaut utiliser des avatars figuratifs à des personnages virtuels faussement réalistes. "La corrélation entre l’apparence physique de l’avatar et la perception que l’on s’en fait n’est cependant pas aussi évidente qu’il y paraît",nuance le chercheur. Pour mémoire, une étude du Gartner spécifiait que les personnages virtuels utilisés pour participer à des réunions professionnelles en ligne devaient respecter un "dress code" similaire à celui endossé par leur propriétaire dans le monde physique.
* Gender Differences in the Impact of Presentational Factors in Human Character Animation on Decisions in Ethical Dilemmas

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