Comprendre les usages pour réduire la fracture numérique

Par 16 mai 2008
Mots-clés : Smart city, Europe

Avoir une connexion Internet haut débit chez soi dépend de paramètres techniques, mais aussi sociaux. Il s'agit de déterminer pourquoi les utilisateurs veulent une connexion afin de décider comment la leur apporter.

Observer l'accès à Internet sous un angle social plus que technique. C'est l'axe de recherche choisi par une équipe de l'université Hertfordshire en grande Bretagne, qui lancent une enquête sur la façon dont les utilisateurs ont accès au haut débit et de l'utilité qu'ils en ont au quotidien. Ce projet est mené en collaboration avec Microsoft, dans le cadre de son "Citizen Online Project". L'étude, baptisée "Investigate Consumer Behaviour Towards Broadband Adoption in the Household" révèlera combien de personnes utilisent une connexion haut débit, combien d'entre elles paient pour ce service ou sont prêtes à payer pour avoir accès à cette technologie et à quelles fins elles utilisent leur connexion. Le projet sera mené à une échelle internationale, à partir d'un questionnaire en ligne. "Tout le monde est d'accord pour dire que les NTIC, et particulièrement l'accès au haut débit, sont primordiaux pour la croissance économique", explique le Dr Jyoti Choudrie, initiateur de l'enquête.
17 millions de Britanniques n'ont pas d'ordinateur
 "Cependant, les pays doivent avant tout comprendre pourquoi et comment les individus adoptent ces technologies". Ainsi selon elle le point de vue social est primordial pour assurer le développement technique et mieux comprendre les attentes des utilisateurs. "Ce, afin de mieux y répondre". Ainsi les chercheurs espèrent que les réponses des sondés leur permettront d'avoir un aperçu détaillé de la demande dans le domaine des connexions haut débit. L'objectif étant de savoir si les utilisateurs se servent de cette technologie pour le travail, les divertissements, communiquer ou pour effectuer d'autres tâches comme régler leurs factures en ligne. "Avec l'arrivée du nouveau ministre Paul Murphy qui est en charge de l'intégration numérique, la question du fossé numérique revient sur le devant de la scène", commente le Dr Jyoti Choudrie, qui rappelle que "dix-sept millions de nos concitoyens n'ont pas d'ordinateur ni chez eux, ni dans le cadre de leur travail".
L'open source est une solution
L'enquête, dont les résultats seront publiés en septembre 2008, devrait aussi soulever la question de l'accessibilité des nouvelles technologies. A noter : l'UNU-MERIT, université des Nations Unies, se penchait justement sur cette problématique lors d'une session nommée "Ensuring Equitable access". Dans le cadre de cette conférence, le chercheur Rishab Aiyer Ghosh est ainsi revenu sur la question de l'accès aux NTIC, en insistant sur l'importance de l'aspect social : "c'est la participation à la société de l'information qui est importante, et pas seulement l'accès". Selon lui, l'open source est une condition sine qua non de la généralisation des nouvelles technologies au plus grand nombre. "Avec les logiciels en open source, on fournit aux utilisateurs des cannes à pêche, pas seulement des poissons". Un parallèle avec le proverbe chinois qui rappelle que l'important n'est pas tant l'information, que la possibilité d'y accéder en toute autonomie.

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