"Ce qui compte, ce n'est pas d'être unique, c'est d'être en avance"

Par 12 décembre 2008
Mots-clés : Smart city

L'heure est aux places de marché de location. Dernière en date, Goopes, qui propose pour Noël la location entre particuliers de tenues et d'accessoires. L'occasion de revenir sur l'un des grands du secteur, Zilok avec Marion Carrette, sa co-fondatrice, et sur ce qui fait la spécificité de la plate-forme.

L'Atelier : Vous proposez aux professionnels et aux particuliers de mettre les objets et services de leur choix en location. Vous définissez-vous comme un agrégateur ?
Marion Carrette : Nous sommes certes de fait un agrégateur mais nous nous voyons plus comme une place de marché de la location. C'est-à-dire que nous proposons aux professionnels mais aussi aux particuliers d'afficher leurs produits sur notre site. Plus de cinq cents loueurs de métier sont déjà répertoriés. Ce qui est notable avec Zilok, c'est de concilier place de marché de produits mis en location simultanément par des professionnels et par le public. Nous sommes d'ailleurs généralement connu pour ce dernier point, car il entre assez dans l'air du temps.
N'est-ce pas délicat de gérer cette double casquette ?
Non, pas du tout. Les particuliers et les professionnels sont traités de manière égale : ils sont invités à déposer spontanément leurs produits. Nous n'avons pas de conditions d'entrée. Pour les professionnels, qui ont beaucoup d'objets, il est possible de nous envoyer les caractéristiques de ceux-ci et une photo. Nous avons développé un système qui analyse le contenu et l'affiche automatiquement dans les rubriques les plus appropriées.
Avez-vous un modèle économique différent selon l'activité du loueur ?
Notre business model est basé sur le coût de la transaction. Le principe est le même, que le prestataire soit un internaute lambda ou un professionnel. Nous réfléchissons actuellement à mettre en place une deuxième source de revenus. Celle-ci consistera en des frais d'insertion, et s'adresse cette fois principalement aux loueurs de métier. Nous leur demanderons un abonnement par mois compris entre 15 et 150 euros selon le nombre d'objets. Nous n'avons pas encore décidé si les particuliers devront s'acquitter aussi de cet abonnement (estimé à quelques centimes par objet pour eux). Le but de cette nouvelle source de rémunération est aussi de garantir la qualité de la base. Mais avant cela, notre objectif est de constituer cette base, et de la rendre la plus large possible. Pour le moment, nous avons environ 60 000 objets.
Vous n'êtes pas seuls sur le marché de la location, entre particuliers ou professionnels. Qu'est-ce qui fait votre spécificité ? Qu'est-ce qui vous assure que votre modèle ne sera pas copié ?
C'est vrai que plusieurs sites se sont lancés sur le même créneau, comme Goopes. Mais la plupart d'entre eux ne propose qu'un catalogue restreint de produits. Notre modèle n'est pas révolutionnaire ni unique, tout repose sur le fait d'être leader ou pas. Regardez eBay, ou un autre site comme PriceMinister. Leur modèle peut dans l'absolu être répliqué. Mais il y a de la place pour deux grands acteurs sur le marché, pas plus. Le tout est d'en faire partie. C'est la même chose pour nous. Nous en sommes aujourd'hui à plus de deux cent mille visiteurs par mois. Pour le moment, nous avons aussi une avance technique. Le défi, c'est de continuer à faire mieux, et vite.

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