Le compteur piste la consommation de chaque appareil électrique

Par 08 avril 2008

coracle est un système voué à rendre intelligent les compteurs électriques : il découvre et analyse tout seul les caractéristiques de consommation des appareils ménagers.

L'Anglais Semtec mène depuis quelques temps un test grandeur nature dans les chaumières de Cambridge, en Angleterre. Cette expérimentation concerne son outil coracle (CO2 Oracle), capable d'analyser l'utilisation de puissance électrique propre à chaque objet présent dans une habitation. L'adoption du produit de Semtec dans des compteurs évolués (smart metering) permettrait ainsi de calculer le coût d'un chauffe-eau électrique d'une douche mis à contribution quatre fois par jour, de détecter la surconsommation d'un réfrigérateur et de lister les appareils ménagers les plus gourmands d'un point de vue énergétique. Le tout est mis en relation avec le dégagement de CO2 induit. Et ce n'est pas une bagatelle : selon des chiffres cités par le concepteur, une famille anglaise dépenserait 480 euros par an et générerait deux tonnes de dioxyde de carbone ce faisant.
15% de consommation en moins
Le but est de faire réfléchir les ménages du Royaume-Uni mais surtout de les faire agir. Semtec estime que la plus simple des technologies de "smart metering" pourrait faire baisser la consommation des foyers de 15%. Cela n'empêche pas le fournisseur de peaufiner les fonctions de son produit. "La première action que la plupart des gens vont faire lorsqu'ils disposent d'un dispositif d'affichage de la consommation est de parcourir leur maison en éteignant et allumant les appareils électriques afin de voir combien d'énergie ils consomment", s'amuse Tom Fryers, directeur commercial de Semtec. Alors que coracle "analyse la répartition de l'énergie utilisée dans toute la maison, et peut apprendre par lui-même les caractéristiques des boîtiers dans la plupart des habitations". Le principe de fonctionnement n'est pas très clair. Mais l'on peut émettre des hypothèses. "Il y a selon moi deux possibilités."
Trouver le bon seuil de rentabilité
"On peut utiliser des prises gigognes équipées d'un wattmètre qui va mesurer la nuisance qui passe", estime ainsi Alexis Dion, chef de projet en charge du développement de nouveaux produits chez Poweo. "Sinon, on se sert d'une pince ampérométrique, c'est-à-dire un anneau que l'on fixe autour du câble électrique de l'appareil dont on veut mesurer la puissance". Le tout est ensuite de transporter ces informations vers un système centralisé comme celui de Semtec. Il ne manque donc pas grand-chose pour que cela se généralise : il n'y a qu'à voir le Wattson en Angleterre. A une condition, cependant : "l'enjeu est de trouver un système dont on connaisse le seuil de rentabilité pour l'utilisateur", prévient Alexis Dion, "et il faut que ce seuil ne dépasse pas six mois à un an !". Poweo, qui propose à ses clients la Poweo Box veut aller plus loin. "Il faut pouvoir offrir aux utilisateurs de quoi affiner, analyser, retirer de l'information de consommation". Le client qui serait bien étonné de savoir que sa Freebox allumée en permanence consomme un demi kw/h par jour. "Sur deux jours, c'est déjà plus qu'un cycle de lavage", souligne le chef de projet.

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