Concevoir un véhicule se fait en mode collaboratif

Par 05 avril 2012 1 commentaire
Rally Fighter de Local Motors

Local Motors met en compétition des individus sur des problématiques d'ingénierie et de design. Le client vote, commente et sélectionne les projets. Et peut également personnaliser le véhicule qu'il aura choisi.

Pour mieux vendre, il faut coller au plus près des attentes des consommateurs. Et pour y parvenir, le mieux est de les faire participer au processus d'élaboration de son produit. L'étude de cas de Norton et Dann (2011)* tend à démontrer que cette démarche de création partagée est en tout cas une conviction pour Local Motors : le constructeur automobile propose depuis 2009 à ses clients de construire leur propre voiture à partir des designs gagnants sélectionnés lors d'une compétition. En effet, le concept est plus complexe que la simple consultation d'individus. Pour concevoir un véhicule, Local Motors a d'abord mis au point une communauté, baptisée The Forge. N'importe qui peut la rejoindre, professionnels comme particuliers, à partir de 15 ans. Pour l'heure, elle est composée de 15 000 membres aux profils variés, et comprenant des designers et des ingénieurs. Le constructeur lui fournit des outils graphiques et 3D et propose à ses membres de réaliser le design des voitures, notamment en se reposant sur des partenariats avec des fournisseurs de logiciels comme Solid Edge ou encore Ponoko.

Le choix du design

Plusieurs compétitions sont lancées simultanément. Certaines mettent l'accent sur l'apparence du véhicule, d'autres sur l'ingénierie. La durée de chacune d'entre elles varie en fonction de la complexité (de 1 jour à 2 mois). Le mode de sélection et la récompense peuvent également changer selon. Une fois les idées générées, elles sont soumises au vote de la communauté ou dans certains cas à un panel de jurys sélectionnés. Les consommateurs interviennent à ce moment-là, avec la possibilité de voter, de donner leur avis, de commenter les propositions. Une fois les idées gagnantes sélectionnées, le véhicule peut être réalisé. Là encore, le consommateur peut apporter une touche personnelle au véhicule qu'il aura choisi s'il souhaite en acquérir un. C'est-à-dire qu'il dispose d'une certaine liberté sur l'apparence finale de sa voiture. Chaque modèle est produit à maximum deux mille exemplaires.

Ne pas impliquer trop en amont

Et cette personnalisation a un coût : il faut compter 2 millions de dollars par engin. "C'est une initiative intéressante, car il est important de faire du client un consommacteur pour coller au plus près de ses besoins", note Yassine Damil, consultant senior chez Bluenove, à L'Atelier. Et d'ajouter que tout le succès d'une telle initiative tient au moment exact où le client est impliqué. "En effet, trop en amont, les individus ne sont pas forcément capables d'avoir une vision sur ce qu'ils souhaitent vraiment", explique-t-il. Reste que faire cela peut aussi avoir son intérêt. "Mais à ce moment-là, il faut les accompagner", continue le consultant. A noter que le développement des voitures se fait dans des micro-usines locales. Enfin, selon Local Motors, un autre avantage pour l'industrie automobile est que ce concept permettrait de réduire les coûts de recherche et développement grâce à la communauté.

*Norton, Michael I. and Dann, Jeremy B., Local Motors: Designed by the Crowd, Built by the Customer (September 12, 2011). Harvard Business School Marketing Unit Case No. 510-062.

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1 Commentaire

Autant il est facile de collaborer à l'aide de partage de bureau sur fichiers 3D et de Product Life Management à l'aide d'outil collaboratif (même avec ceux qui ne disposent pas de tels outils), autan il y a de nombreux aspects de la conception, dans les méthodes, les "recettes de cusine" maison, et autres secrets de fabrication industriels qui ne se prêtent pas au travail collaboratif.

Je reste assez dubitatif, personnellement...

Soumis par Guillaume (non vérifié) - le 05 avril 2012 à 11h36

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