Pour concurrencer le marché américain des TIC, neutralité et transparence sont de mise

Par 12 juin 2013
 Pour concurrencer le marché américain des TIC, neutralité et transparence sont

Face au gigantisme des compagnies américaines sur le secteur d'Internet et leur impact sur le marché européen, l'Union Européenne doit trouver des solutions pour favoriser l'émergence d'un marché européen et le dynamiser.

Depuis son apparition, Internet est devenu une force majeure des économies mondiales. Il compte pour 4,1% du produit intérieur brut des pays du G20, soit 2,3 trillions de dollars annuel et, sur les vingt-cinq premières entreprises et les principaux sites Internet consultés sont américains. Face à cette situation de monopole – huit des dix sites Internet les plus consultés sont américains, et face à la récession économique qui touche actuellement l'Europe, le marché européen doit se réévaluer et se transformer s'il veut permettre aux économies européennes de s'accroître. La chercheuse Roslyn Layton explique dans son étude Generating Growth in Europe, How the ICT sector is a solution, que l'économie européenne pourrait trouver sa solution dans le secteur des TIC. Et, pour cela, les pays européens devraient revoir leur manière de considérer Internet de plusieurs manières. Parmi celles-ci, Roslyn Layton revient sur la notion de neutralité d'Internet, la transparence des fournisseurs, les problèmes techniques et la place que pourraient jouer les institutions de l'Union Européenne.

La neutralité d'Internet, un concept révolu ?

Par rapport à la population totale européenne, le marché d'Internet représente environ 2% de la valeur du marché mondial. S'il s'agit donc d'un secteur à priori négligeable, cela n'empêche pas de considérer certaines questions éthiques comme la notion de neutralité d'Internet. La neutralité d'Internet, selon la chercheuse, représente l'idée que tout le trafic qui y passe devrait être traité avec égalité. Ce principe serait un obstacle à l'économie future européenne et aux nouvelles avancées dans le domaine numérique. En effet, la chercheuse explique dans son étude que l'infrastructure actuelle d'Internet ne pourrait pas le permettre. La collaboration entre les fournisseurs d'accès et la mise en place des CDN, Content Delivery Network, rendent impossible toute marche arrière. Ces CDN, des ordinateurs reliés en réseau, délivreraient un tiers du trafic numérique et permettraient l'explosion de la consommation de contenu vidéo, selon le State of Internet Report d'Akamaï.

Une transparence des acteurs nécessaire

La transparence de tous les acteurs du secteur d'Internet en Europe pourrait permettre une meilleure compétitivité en Europe. La chercheuse indique l'exemple des nouveaux smartphones et des nouvelles tablettes, appareils discriminatoires par nature, car leurs antennes ne peuvent pas s'adapter avec les réseaux mobiles standards. Et, de la même manière, les opérateurs systèmes des appareils mobiles sont au nombre de trois : Apple, Google et Windows, tous américains, et où les développeurs d'applications sont soumis aux contraintes des fabricants. Roslyn Layton attire donc l'attention sur un besoin de transparence qui, selon elle, permettraient à l'Europe de se trouver une place plus compétitive. La politique des institutions européennes pourrait aussi apporter sa pierre à l'édifice. La chercheuse revient sur le rôle majeur de Neelie Kroes, Vice Présidente de l'Agenda Numérique, qui désirerait instaurer des prix d'accès et des taxes similaires dans tous les pays membres de l'Union, alors qu'il existe aujourd'hui une grande diversité de taxes et de prix possibles.

 

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