La confiance en un réseau ne dépend pas que de sa gestion des données

Par 26 octobre 2011
MyZone

Alors que la confidentialité préoccupe, des plates-formes émergent, dont le créneau est le respect total des informations privées. Une promesse qui ne suffirait pas à faire migrer les internautes d'un site à un autre.

La protection de la vie privée est un point d'achoppement majeur sur les réseaux sociaux grand public à l'heure actuelle. Dans cette optique, des chercheurs de l'université du Colorado ont imaginé MyZone, un prototype de réseau social dont la principale caractéristique serait de garantir à l'utilisateur un contrôle total sur la diffusion de ses informations confidentielles. MyZone fonctionne sur le principe du Peer-to-Peer. Les données du profil de l'utilisateur ne sont pas stockées sur un serveur annexe mais directement sur l'ordinateur ou le téléphone de la personne en question.

Un fonctionnement en P2P

Afin que ces informations soient disponibles en permanence, même quand le détenteur du profil n'est pas connecté, ce dernier va déterminer manuellement des terminaux "miroirs" : l'ordinateur de contacts qu'ils jugent de confiance et qui hébergeront son profil le temps que l'utilisateur revienne en ligne. "Le concept est intéressant et réfléchi. Théoriquement, il peut fonctionner", explique Cédric Deniaud, fondateur du cabinet conseil The Persuaders et auteur du blog MédiasSociaux.fr. "Mais je ne pense pas qu'un réseau social généraliste puisse se faire une place uniquement sur cette promesse de confidentialité", ajoute-t-il. Notamment parce que si les utilisateurs se plaignent de ces problèmes sur des sites comme Facebook, ils y reviennent toujours. Ainsi, selon lui, MyZone rappelle un peu le concept du réseau social Diaspora qui tentait également de mettre la confidentialité au cœur de son fonctionnement.

Quel avenir pour ces réseaux sociaux marginaux ?

Avec à l'arrivée, un échec relatif puisque seules quelques centaines de milliers d'utilisateurs ont été convaincus. En cause, un effet doublon : "Lorsque vous développez tout un réseau de contacts généralistes, que ce soit sur Facebook ou maintenant sur Google +, vous n'avez pas envie d'en recréer un presque identique ailleurs", continue Cédric Deniaud. Les seules options viables restent finalement, soit de se spécialiser dans une caste très particulière d'utilisateurs (même lieu géographique, centres d'intérêt ou catégorie socio-professionnelle). Soit, conclut le responsable, d'accepter d'être financé en partie ou racheté par les géants que sont Facebook et Google pour subsister, au risque de les voir s'accaparer quelques fonctions intéressantes qu'ils incluront par la suite dans leurs services.

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