Confidentialité : les associations pressent le Congrès américain à agir

Par 03 septembre 2009

La publicité comportementale ne cesse de progresser. Face à l'incapacité des professionnels du secteur à s'autoréguler, un groupe de pression pousse le gouvernement américain à légiférer.

Plusieurs associations de consommateurs et de défense de la vie privée appellent le Congrès américain à légiférer pour protéger la confidentialité des données. La cause de leur colère : les pratiques de plus en plus courantes de surveillance des comportements en lignes. "Aujourd’hui, les informations électroniques sur les consommateurs sont rassemblées, compilées et vendues, explique un porte parole du groupe de pression. Et tout cela est fait sans que soient mis en place des garde-fous suffisants". Pour parer au problème, les associations ont élaboré une liste de recommandations. Selon elles, les informations sensibles ne devraient pas pouvoir être collectées ou utilisées. Les données et le comportement en ligne des moins de 18 ans devraient être intégralement protégés. Les associations préconisent également de fixer une limite de temps (24h) au delà de laquelle les informations récoltées ne pourraient plus être conservées ou utilisées sans le consentement de l’internaute.
Fixer des limites
La publicité comportementale pose en effet des problèmes éthiques. Son principe est simple : l’activité et les habitudes en ligne de l’utilisateur sont observées de manière à ce que les publicités affichées soient les plus pertinentes possibles. Problème pour les associations : "Traquer les moindres mouvements Internet d’une personne est une invasion de son espace privé. C’est d’autant plus problématique que les consommateurs n’ont pas conscience d’être observés, par qui, ni de comment l’information va être utilisée". Le coeur du problème porte donc sur le consentement desinternautes, rarement voire jamais demandé. De même, ils n’ont aucun contrôle sur les informations récoltées ou leur utilisation, souvent par des tiers avec qui ils n’ont aucun contact. Les associations s’inquiètent également de l’utilisation de ce type de données pour discriminer certaines catégories sociales ou ethniques.
L’autorégulation mise au ban
Ou pire. "Nous sommes inquiets que l’analyse des comportements en ligne puisse servir à identifier des consommateurs vulnérables pour leur proposer des prêts à taux élevés ou d’autres services potentiellement nuisibles", explique l’une des représentantes. Jusqu’à présent, l’industrie concernée a toujours clamé que l’autorégulation consistait une protection suffisante pour le consommateur. Face à l’inquiétude des associations, le président du sous-comité pour la Communication, les Technologies et Internet* a annoncé que l’opportunité de légiférer serait examinée à l’automne. Le récent coup d’éclat du Canada, forçant le site de réseau social Facebook à changer mondialement certains de ses paramètres de confidentialité, montre en tous cas que le législateur n'est pas impuissant.
* un organisme qui dépend du Congrès

Mentions légales © L’Atelier BNP Paribas