Conjoncture

Par 25 février 2003
Mots-clés : Smart city, Europe

Le greffe du Tribunal de Commerce de Paris se penchait, en avril dernier, sur l’évolution économique et financière des start up en 2001 et au 1er trimestre 2002. Après un pic de créations ...

Le greffe du Tribunal de Commerce de Paris se penchait, en avril dernier, sur l’évolution économique et financière des start up en 2001 et au 1er trimestre 2002. Après un pic de créations de start up au 1er semestre 2001, les immatriculations ont chuté de 44 % au 2ème semestre 2001. Cette tendance s’est poursuivie au 1er trimestre 2002 (- 48 %). Parallèlement, les décisions d’ouverture de liquidations judiciaires prononcées par le Tribunal à l’encontre de ces structures a augmenté de 20 % au 2ème semestre 2001 et chuté de 25 % au 1er trimestre 2002. De plus, les start up défaillantes arrivaient devant le Tribunal dans un état de santé financière très dégradée, avec un important volume de dettes à l’égard du Trésor Public et de l’Urssaf, ainsi qu’un passif cumulé supérieur de 150 % à celui d’une entreprise classique. Au 2ème semestre 2001, le service de la prévention enregistrait une hausse de 18 % des détections de start up en difficulté et près de trois fois plus au 1er trimestre 2002. Fin 2002, Paris intra-muros comptait 1 364 start up en activité, soit une progression de 22 % par rapport à mars 2002 (1 064). 77 % des start up sont des sociétés à responsabilité limitée. 62 % d’entre elles disposent d’un capital social compris entre 1 000 et 9 999 euros. 5 % sont de très petites entreprises individuelles exploitées par un dirigeant inscrit au registre du commerce en qualité de commerçant. 28 % des start up en activité réalisent des logiciels informatiques, 8,5 % exercent une activité de conseil en systèmes informatiques, 7,8 % de conseil pour les affaires ou la gestion, 5,5 % de conseil en publicité et multimédia. Les autres sont engagées dans des activités de télécommunication, de banques de données, d’édition ... 1,2 % des start up en activité ont déclaré un chiffre d’affaires supérieur à 1 million d’euros en 2001. 14 % des start up ont déposé leurs comptes annuels au titre de l’exercice 2001. 72 % d’entre elles ont déclaré un chiffre d’affaires inférieur à 100 000 euros, 16 % un chiffre d’affaires égal à 0, 7,4 % un chiffre d’affaires supérieur à 1 million d’euros. 489 start up se sont immatriculées au registre du commerce en 2002, contre 931 en 2001 (- 47,4 %). 82 % des start up se sont constituées en 2002 sous forme de SARL (72 % en 2001), 8 % sont de très petites structures, contre 5 % en 2001. Les SA et SAS représentent 8 % des créations de start up en 2002, contre 16 % en 2001. 71,5 % des start up créées en 2002 disposent d’un capital social compris entre 1 000 et 9 999 euros. 95 start up ont été radiées du registre du commerce en 2002, contre 32 en 2001. 80 % d’entre elles existaient depuis un an. 15 % avaient été créées en 2002, 5 % en 1998, 1999 et 2000. 6 start up n’ont jamais eu d’activité. 71 start up ont fait l’objet en 2002 d’un jugement d’ouverture de liquidation judiciaire devant le Tribunal de commerce, contre 138 en 2001. Ces 71 start up défaillantes ont déclaré au greffe un passif cumulé de 41 453 900 euros en 2002, soit une baisse de 46 % par rapport à 2001. Le passif moyen s’élève à 668 600 euros (+ 12,5 %). Bien que le passif déclaré dû soit en nette diminution, l’état de santé des start up ne s’améliore pas. Les actifs déclarés par les start up sont généralement surévalués et perdent rapidement de leur valeur. 456 salariés au moins étaient directement concernés par ces défaillances en 2002, soit 6 salariés en moyenne par entreprise. 1 328 salariés au moins ont été directement concernés par les liquidations judiciaires de start up en 2001. En 2002, le service de la prévention a détecté 131 start up en difficulté, contre 85 en 2001 (+ 54 %). Le traitement préventif est actuellement en cours pour 45 start up, soit 34 %. La proportion de start up SARL concernées par la prévention en 2002 augmente. La plupart des start up SA en difficulté ont, soit réussi à assainir leur situation économique et financière, soit déjà déposé leur bilan. 85 % d’entre elles rencontraient des difficultés pour régler leurs impôts et leurs cotisations sociales obligatoires. 26 % des start up en difficulté détectées par la Prévention ont fait l’objet d’un jugement d’ouverture de liquidation judiciaire en 2002, contre 7,5 % pour les entreprises classiques. 17 % ont fait l’objet d’une mise à l’enquête, contre 10 % pour les entreprises classiques. Dans 53 % des cas, le dossier a été classé après l’entretien avec le magistrat délégué. 4 % des start up ont bénéficié d’un règlement amiable, contre 1,2 % des entreprises classiques. Dans 60 % des cas, le règlement amiable aboutit au sauvetage de l’entreprise. Le Tribunal de commerce de Paris constate que les start up n’ont plus le vent en poupe. Concernant les perspectives du capital-risque en 2003, Jacky Ouziel, conseil expert financier, administrateur de la CNCEF, déclare « les perspectives en matière de capital-risque pour 2003 sont encore incertaines eu égard à la conjoncture actuelle, voire aléatoire. Sans substantielle remontée de la bourse, les levées de fonds en premier tour demeurent une véritable gageure ». (Christine Weissrock – Atelier Groupe BNP Paribas – 25/02/2003)

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