Connectivité : les pays développés aussi doivent revoir leur copie

Par 11 juin 2008

Les résultats d'une étude distribuant des notes de connectivité à un grand nombre de pays réservent quelques surprises. Les pays industrialisés ont tous des faiblesses, et certains pays émergeants des points forts inattendus.

Le récent rapport Connectivity Scorecard établit les scores de connectivité de vingt-cinq pays. Les résultats sont étonnants. Ce sont en effet les Etats-Unis, qui arrivent en tête des pays développés. Leur score d’usage de la connectivité, en particulier de la part des entreprises, compense totalement leur médiocrité en matière de connectivité large bande en comparaison à d’autres pays. Juste derrière, en deuxième position, ce n’est pas une autre grande puissance économique que l’on trouve, mais la Suède. Le Japon, dont l'image innovante n'est plus à faire n'arrive qu'ensuite. Dans son cas, son score est poussé par le fort usage des solutions mobiles, surtout professionnelles. La Corée, autre pays high-tech, récolte d’excellentes notes pour son infrastructure, mais se retrouve en milieu de liste : les usages ne suivraient pas. La France, quant à elle, se situe en moyenne position dans le peloton, à la neuvième position.
Des services bancaires plus avancés en Afrique
Contre toute attente, certains pays d’Afrique bénéficient de services bancaires mobiles et de services de transactions électroniques bien plus développés que les Etats-Unis ou le Canada. Si la Malaisie se trouve en tête des pays émergeants, c’est notamment parce qu’on y trouve un faible taux d’illettrisme, associé à des scores d’usages parfois semblables à ceux de pays développés. Parmi les ténors que sont la Chine, l’Inde et la Russie, cette dernière se démarque à plusieurs niveaux. On n’y trouve que 1 % d’adultes illettrés contre 9 % en Chine et près de 40 % en Inde. En outre l’usage de l’e-mail et de l’Internet mobile par les professionnels y est bien plus développé dans le pays des Tsars. L'Inde qui a fait couler beaucoup d’encre en tant que destination d’externalisation de services informatiques, se situe pourtant largement derrière la Chine en matière d’utilisation de l’Internet mobile chez les professionnels, et d’utilisation d’Internet par la population féminine. L’Inde obtient globalement des scores faibles en matière d’usages.
Des indicateurs multiples
Il y a dans ce pays beaucoup de place pour l’extension de la couverture des réseaux mobiles et des réseaux hauts débits. Pour générer ces résultats, LECG a établi un grand nombre d’indicateurs, comme le nombre, ramené à la population, de lignes téléphoniques, d’abonnés mobiles, d’usagers d’Internet, la quantité de bande passante, le nombre de lignes de transmissions de données d’entreprises, d’ordinateurs, d’écoles connectées à Internet, de services publics en ligne, etc. Pour tenir compte des disparités fortes, les pays ont été classés en deux catégories : ceux à "l'économie tirée par l’innovation" ou en train de le devenir, et ceux à "l'économie tirée par l’efficience ou les ressources". Certains indicateurs technologiques s’appliquent plus spécifiquement à chacune des deux catégories de pays. Ont été utilisés la banque en ligne ou le taux de voix sur IP en entreprise pour la première catégorie, ou les taux d’illettrés, de couverture mobile de la population et de femmes ayant accès à Internet pour la seconde.
Les résultats du scoring

Une méthodologie en deux pans pour tenir compte de la disparité des pays

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