Les conseillers d’orientation ne sont pas des bisounours...

Par 27 août 2009 1 commentaire

Pour devenir conseiller d’orientation, être incompétent ne suffit pas : il faut également être capable d’un certain sadisme. C’est la conclusion qu’on serait tenté de tirer d’une étude parue dans le journal Social Cognition. En tout cas en faisant preuve d’une certaine mauvaise foi (dont nous ferons ici un usage particulièrement généreux).

Tous, nous avons rencontré à la fin du collège une Madame Richmolle, petite femme replète à la chevelure toujours tirée en arrière et fixée d’un énorme chignon fushia. Pas simplement rose, non, fushia. Une couleur particulièrement bien assortie à sa collection de chemisiers à fleurs. Jaunes. J’en frémis encore. Madame Richmolle était conseillère d’éducation. Elle vous fixait de son oeil torve derrière ses lunettes à triple foyer en mâchonnant le bout déjà fort abîmé de son crayon à papier. Après avoir jeté un vague coup d’oeil à vos résultats scolaires, elle mettait un terme définitif à vos espoirs les plus fous : « Oubliez l’école du cirque mon petit, vu votre niveau en physique vous ne ferez pas le poids. Vous avez pensé à devenir plombier ? » Ou encore : «  Ingénieur informaticien ? Oublie ça gamin, l’informatique c’est sans avenir. Par contre j’ai justement une formation qui vient de s’ouvrir en mécanique des fluides, formidable, non ? ».

Des années après, je reste pétrifié devant tant de perspicacité. Si je suis ici aujourd’hui, c’est un peu grâce à Madame Richmolle. Hélas, même les meilleurs ont leur limite. Cette étude que nous avions un peu laissée de côté le paragraphe précédent le montre bien. Les auteurs y expliquent que pour décourager un étudiant de se diriger vers une formation sans débouché, lui démontrer qu’il n’est pas compétent ne suffit pas.

Il faut également lui décrire par le menu tous les horribles tourments qui l’attendront s’il échoue dans la voie qu’il a choisie. Le chômage, la dépression, l’alcoolisme et, finalement, la rue. Un peu comme les photos de poumons noirs de suie qui ornent fièrement les paquets de cigarette. Briser les rêves d’un lycéen demande donc un peu de pratique.

Oh je ne dis pas que Madame Richmolle manquait de sadisme, non. Simplement il était mal orienté. Un comble.

Dans le monde de l’entreprise aussi, cette étude devrait révolutionner les pratiques. Des services RH entiers vont devoir suivre des séminaires de sadisme pour décourager efficacement les évolutions de carrière malencontreuses. Avec Stéphane Guillon en Gentil Organisateur, ce devrait être un succès.

PS : il me semble adéquat de préciser que cette étude d’intérêt public a été réalisée avec l’aide de l’Institut américain pour la santé mentale.

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1 Commentaire

Moi j'ai eu le même modèle en mâle (peut-être des clones)
Pour le conseiller d'orientation, qui me proposa : boucher ou éboueur ...

Mais aussi l'opthalmo qui expliqua a ma mère que j'allais rentré dans le mutisme a cause de l'ordinateur ...

A l'école par contre personne n'as vu ma dyslexie ...

Mais tu as mon respect, je sais ce que c'est :)))

Soumis par Arnaud VELTEN business commando (non vérifié) - le 31 août 2009 à 17h49

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