Les consommateurs ont peur pour leur mobile porte-monnaie

Par 23 février 2009

Le concept de paiement par mobile attire. Dans les faits, l'utilisation de son téléphone pour payer par SMS, web mobile ou via NFC inquiète encore.

Un certain nombre de consommateurs ne se sentent pas à l'aide quand il s'agit d'utiliser leur téléphone comme porte-monnaie. Pour rendre le commerce sur mobile aussi commun que celui sur Internet, il faudra donc lever cette appréhension, explique Esther Swilley, chercheuse à l'université du Kansas. Cette peur s'explique par plusieurs facteurs. La peur de perdre son mobile prédomine. Les clients américains se disent aussi freinés par autre chose : ils ne savent pas si les opérateurs prennent ou non une taxe qui obligerait les distributeurs à augmenter leurs prix de vente. Avec la multiplication des sites qui permettent de payer sans passer par les intermédiaires, cette appréhension devrait cependant se tasser. Tout du moins en Europe. S'ils veulent rassurer les consommateurs, les marketeurs doivent intégrer d'autres règles d'or, comme celle de la simplicité d'utilisation.
Géolocalisation vs réduction de forfait
"Sur Internet, les gens veulent faire des économies. Sur le mobile, ils veulent gagner du temps", souligne ainsi la chercheuse en marketing. Un service peu ergonomique a donc toutes les chances de faire fuir les utilisateurs. Autre point : la géolocalisation s'annonce comme un axe majeur du développement du m-commerce et plus globalement du marketing sur mobile. Esther Swilley souligne ainsi l'intérêt d'être notifié de la proximité d'une boutique qui nous intéresse. Une autre piste s'annonce prometteuse : la possibilité de commander depuis son mobile afin d'avoir le produit préparé lors de son arrivée dans le magasin. De telles sollicitations ne doivent pas se faire sans l'accord du consommateur. C'est pourquoi des modèles alternatifs peuvent être proposés, comme l'acceptation de l'envoi de réclames géolocalisées en contrepartie d'une réduction de son forfait ou de promotions en boutique.
Vers un e-commerce 3D et entre avatars
La chercheuse s'est aussi intéressée aux tendances que le commerce sur Internet doit adopter s'il veut poursuivre sa croissance. Dans une précédente étude publiée dans l'International Journal off Marketing and Retailing, elle soulignait le fait que les interfaces marchandes doivent proposer plus d'interactivité et reproduire une expérience proche de celle vécue dans le monde physique. La multiplication des initiatives de centres commerciaux en 3D comme TheMall.tv confirme cette tendance. D'autres projets, comme celui de Yoowalk, visent à déployer des boutiques où des avatars des vendeurs accueilleront ceux des clients. D'ailleurs selon la chercheuse, faire du shopping via son avatar joue également un rôle sur le plan social. "Il sera possible de faire des achats à plusieurs en interagissant réellement avec les avatars de ses amis situés à distance", explique-t-elle.

Mentions légales © L’Atelier BNP Paribas