La consommation collaborative gagne progressivement les Français

Par 28 mai 2013 7 commentaires
Consommation collaborative

Le consommateur français se positionne désormais comme un acteur économique à part entière, qui participe à la fois à la co-conception, à la co-production mais aussi à la co-distribution des biens et services.

La consommation collaborative permet aux consommateurs d’avoir accès à des biens de meilleure qualité et qu’ils ne pourraient pas forcément acheter. Face à la baisse du pouvoir d’achat, Edouard Dumortier, co-fondateur d’ILokYou, réseau social de location d’objets et services entre particuliers, affirme dans son livre blanc intitulé «L’avènement de la consommation collaborative, quel modèle économique en France en 2030 ?» que ce mode de consommation pourrait être une solution. En effet, la consommation collaborative, en étant locale et impliquant l’usage durable des objets, va dans le sens des conditions écologiques actuelles. Mais surtout, elle permettrait de recréer du lien social, en rassemblant des consommateurs ayant le même sens du partage.

Pouvoir utiliser le produit sans nécessairement en être le propriétaire

Selon l'auteur, depuis 2009, la baisse générale du pouvoir d’achat a poussé le consommateur à se tourner davantage vers l’économie grise – à savoir l’achat d’occasion, le troc, l’échange ou la location. La moitié des Français considère donc maintenant inéluctable le déclin de la France sur les plans économique et culturel et pensent qu’ils doivent se débrouiller par eux-mêmes pour améliorer leur situation personnelle. Ainsi, 64% d’entre eux jugent ne pas avoir les moyens de consommer comme ils le souhaiteraient et 34% déclarent être alors obligés de changer leurs habitudes de consommation. Et si avant, les gens cherchaient à obtenir les meilleurs prix, via l’utilisation de comparateur en ligne, aujourd’hui, ils échangent, ils louent et ils se regroupent pour acheter. Car plus de huit Français sur dix (83%) estiment aujourd’hui qu’il est plus important d’avoir accès à un produit que de le posséder.

Les industriels vont devoir se réinventer

De plus, 52% des Français souhaitent mieux consommer : optimiser leurs dépenses, accéder à des produits de qualité et si possible agir de manière citoyenne (sur le plan environnement et sociétal). Par conséquent, les industriels et les distributeurs modifient leurs stratégies. Par exemple, le marketing frugal, inspiré des pays en développement est désormais en vigueur chez Renault ou Nokia. Mais, selon Edouard Dumortier, cette réponse des grands groupes est encore incomplète. En effet, au delà de son caractère « responsable », la consommation collaborative attire car elle est synonyme d’un renouvellement de l’expérience client, qui mêle technologie et lien social. La généralisation de la consommation collaborative devrait avoir des conséquences de taille pour les industriels : ils fabriqueront certainement moins de produits, plus durables et réparables. En fait, leur schéma actuel de vente de produits devrait se transformer progressivement en un schéma de vente de services-produits.

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7 Commentaires

Nulle doute que les français sont de plus en plus nombreux à partager leurs voitures avec le covoiturage, leurs espaces de travail avec le coworking, leur logement avec le cohébergement, etc. Internet est le facteur qui a ccélérer cette démarche, plus que la crise selon moi.

Soumis par Dianiak (non vérifié) - le 28 mai 2013 à 15h19

En effet on arrive à un point de saturation avec ces années de consommation à outrance. Paradoxalement la crise nous amène à penser "essentiel", c'es t à dire ce qui est vraiment important et non aux fantaisies. Sans nulle doute, tous ces concepts tel que dormir chez l'habitant, déjeuner chez l'habitant,le covoiturage etc..vont continuer à se développer et nous en sommes au début d'une grande révolution sociale. et d'ailleurs, dans beaucoup de pays et plus précisément aux Antilles il est maintenant possible pour un voyageur de réserver un repas chez l'habitant et ainsi découvrir réellement une culture et un peuple, son histoire etc...ce qui est le vrai sens du voyage!

Soumis par Sylviane (non vérifié) - le 28 mai 2013 à 21h39

Il serait utile de remonter aux sources des sources avant ce genre d'article. Je pense que nous sommes encore actuellement dans des cercles fermés (si, si) qui posent à la fois un problème dans la manière dont les infos remontent, ainsi que dans la manière dont elles sont interprétées. Je m'explique. Les fameux "83% des Français qui estiment qu'il est plus important d'avoir accès à l'usage d'un produit que de de le posséder" sont tirés d'une étude de l'obsoco (http://www.lobsoco.com/images/pdf/obsoco_recto_verso.pdf) dont la méthode d'échantillonnage n'est pas sans biais.
Mais surtout, dans cette même enquête (relayée par ailleurs ici, http://alternatives.blog.lemonde.fr/2012/11/15/achat-doccasion-recup-partage-les-francais-se-debrouillent/, l'enquête entière n'étant pas disponible entièrement en ligne (seule une synthèse de 3 pages l'est), il est noté que "19 % des consommateurs interrogés affirment avoir procédé à location d’au moins un produit (hors automobile) au cours des 12 derniers mois. Ce chiffre, relativement modeste, est en dissonance avec les 83% de Français qui s’accordent autour de l’idée qu’« aujourd’hui, l’important c’est de pouvoir utiliser un produit plus que de le posséder ». La faiblesse du recours à la
location ne serait-elle pas la conséquence d’une insuffisance de l’offre ? De ce point de vue, le développement des sites de location entre particuliers (par exemple, Zilok) et l’engagement récent de grandes enseignes de la distribution dans la location (par exemple, Leroy Merlin ou Monsieur Bricolage) est de nature à révéler tout le potentiel de cette forme de consommation"

--> Ainsi, au final, on se rend compte que seule une très faible proportion de la population reste vraiment intéressée, à l'heure actuelle, par la conso collaborative. Certes, par exemple, les gens achètent moins de voitures : mais ils préfèrent tjs la possession de celle-ci à sa location (pour son usage). Au moins, en cas de besoin, peuvent-ils la revendre - ce qui n'est pas le cas de la location. Depuis l'ouvrage de Rifkin, au début des années 2000, on nous abreuve du mythe de la société de l'accès. Mais cette société a montré toutes ses dérives, d'ores et déjà : le modèles des Appstores et autres sites de musique en ligne n'en est que très révélateur. Et l'on pourra tjs venir m'opposer le succès de Deezer et de Spotify: succès, certes, mais qui reste limité. Et au moins, leur modèle est clair : la musique ne vous appartient pas (frontière bp plus floue lorsque l'on "achète" une app ou de la musique ailleurs). De même, on nous vante le "marketing frugal" --> stop, c'est bidon !!!! La frugalité est intéressante dans l'innovation, dans le "reverse engineering" (comme Nokia, par exemple, avec ses modèles pour pays en développement qui sont costauds, résistent à la poussière, permettent d'utiliser plusieurs carnets d'adresses et intègrent une lampe torche, le tout avec une autonomie qui ferait pâlir n'importe quel smartphone). Mais chez Unilever, par exemple, la "frugalité" revient à tirer meilleur parti de la faiblesse des plus pauvres en individualisant la consommation avec des doses plus petites, mais plus coûteuses au final pour le client. Bref, du pipeau - du vrai, cette fois.

Aussi, merci d'approfondir un peu plus certains sujets avant de les relayer. Je sais bien que la "conso collaborative" est à la mode, et je pense sincèrement qu'elle révèle des changements en profondeur des modes de consommation. Cela n'empêche toutefois pas d'exercer un minimum d'esprit critique vis à vis du premier livre blanc ou de la première étude qui passe :-)

Soumis par Lo (non vérifié) - le 29 mai 2013 à 22h04

Je crois bien que l'aire de la consommation collaborative a bel et bien commencé! J'utilise déjà Airbnb, Blablacar, et je vois plein de start-up prometteuses qui se lancent dans le domaine. J'ai juste quelques réserves quand à la sécurité, car avec toutes ces plateformes d'échanges on ne peut pas savoir à l'avance sur qui on va tomber, et quand on a des mauvaises surprises ça fait très mal! J'espère qu'on va pouvoir trouver des solutions à cet épineux problème. Une des réponses les plus prometteuses à mon avis c'est un site appelé Fidbacks (http://www.fidbacks.com) qui permet de se créer un profil de confiance afin de démontrer sa probité sur le net, j'espère que ça va se développer!!

Soumis par EloO (non vérifié) - le 30 mai 2013 à 16h51

Oui ces solutions alternatives se développent à la plus grande satisfaction des consommateurs. Personnellement j'utilise le covoiturage depuis longtemps, et j'ai découvert http://bricolib.net ou je trouve des outils à bas prix.

Soumis par Stephane.123 (non vérifié) - le 15 juillet 2013 à 18h27

Recevez tous nos voeux pour cette nouvelle année..
En 2014 que diriez vous d'un petit coup de main ?
Rendez-vous vite sur www.merci-de-rien.com !

Soumis par aymkilaux (non vérifié) - le 06 janvier 2014 à 16h58

Face à la crise économique, au développement de l'isolement des personnes en ville ou à la campagne, aux alertes sur le devenir de notre planète, de nombreuses initiatives individuelles ou collectives existent au sein d'une tendance que l'on nomme de plus en plus souvent "économie solidaire" ou "économie collaborative".

Le phénomène se développe de plus en plus rapidement sous différentes formes, gratuites, associatives et même commerciales, preuve que le nombre de personnes concernées et impliquées est toujours plus important, justifiant parfois de gros investissements liés à la création d'entreprises ou de sites web aux ambitions commerciales affirmées.

Pour vous aider à vous y retrouver dans cette jungle des propositions d'entraide et des propositions commerciales nous tenterons au fil du temps de recenser les différents sites web qui éxistent déjà ou qui verront le jour. Nous comptons sur votre aide pour nous signaler les sites qui ne manqueront pas de passer à travers les mailles de notre filet.... A suivre sur http://www.merci-de-rien.com/se-faire-aider.php

Soumis par aymkilaux (non vérifié) - le 10 mars 2014 à 10h25

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