Les contributeurs web ne sont pas de grands communicants

Par 06 janvier 2009 1 commentaire
Mots-clés : Smart city

Les internautes qui écrivent sur Wikipédia seraient fermés aux nouvelles idées et plutôt introvertis dans le monde ''réel''. L'approche, développée par un chercheur israélien, fait polémique.

Les entreprises adeptes de réseaux sociaux vont peut-être déchanter : rédiger des commentaires sur des sites collaboratifs n'est pas une preuve de sociabilité "réelle". Bien au contraire, estime un chercheur de la Sammy Ofer School of Communication de Herzliya (Israël). Les contributeurs ne correspondent pas aux idéaux de l'encyclopédie en ligne - qui prône le savoir partagé - mais seraient plutôt étroits d'esprits et introvertis. C'est en tout cas ce qui se dégage des tests effectués sur une centaine de jeunes rédacteurs de textes sur Wikipédia. "Ces utilisateurs compensent. C'est leur manière de faire entendre leur voix", juge ainsi le responsable de l'étude, Yair Amichai-Hamburger. "Il est difficile d'aboutir à de telles conclusions avec un échantillon de volontaires si réduit", nuance Alain Lefebvre, fondateur du réseau social professionnel 6nergies.
Un rapport égocentrique au web
Comme dans le monde physique, Internet rassemble des profils d'utilisateurs différents, qui contribuent pour des motifs eux aussi individuels. Reste que le rapport confirme d'autres études menées au préalable, sur le comportement des contributeurs. L'une d'elles, consacrée à YouTube, aurait permis de constater qu'une majorité des personnes qui mettent des vidéos à disposition le font non point de manière altruiste mais au contraire égocentrique : cela permet d'être noté favorablement par les autres utilisateurs. Et donc de cultiver une image de soi positive. Une remise en cause de l'idéal du web ? Non pour Alain Lefebvre, pour qui "nous nous trouvons ici dans le cadre classique de l'affrontement entre l'ancien et le nouveau monde. Contribuer ne sert pas à grand-chose concrètement parlant. En fait chaque contributeur le fait quand il y trouve son propre intérêt".
Les réseaux sociaux cultivent le mimétisme
"Dans le mouvement open-source, un développeur va corriger un bogue parce qu'il ne veut pas le retrouver à l'avenir dans une application". Pour Stéphane Hugon, responsable du Gretech*, s'il n'est pas non plus possible de catégoriser aussi rapidement, ces conclusions mettent cependant en lumière un web mis au service de la construction d'une bonne image de soi. "Le Net est un espace de mimétisme, où les semblables se rassemblent afin de célébrer ces ressemblances. Internet dessine, en partie au moins, un espace très éloigné de celui de la citoyenneté. Les réseaux sociaux cultivent cette esthétique", explique Stéphane Hugon, sociologue. Et de conclure : "Cela ne fait pas du web un espace de monologue et d'expression d'un individu isolé et pris dans un excès de narcissisme. S'il y a narcissisme, c'est du narcissisme de groupe".
*Groupe de recherche sur la technologie et le quotidien.

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1 Commentaire

Je pense qu’il ne faut confondre « générosité » et « solidarité » ! Le modèle collaboratif du Web 2.0 surfe sur un esprit de solidarité (je donne par que je sais qu’un jour cela me sera bénéfique). A mon sens ce n’est pas la générosité qui anime la « Web dynamique » (la générosité est pure, elle n’attend rien en retour). Et peu importe si les contributeurs ne correspondent pas à l’image de l’altruiste modèle, l’important n’est il pas le résultat ? Et en terme de résultats nous ne somme pas en reste sur le Web, le concept 2.0 (le partage) n’a plus à faire ses preuves.
« Les contributeurs ne correspondent pas aux idéaux de l’encyclopédie en ligne Wikipédia » and so what ? Il n’y a pas raison de s’offusquer du constat de ce chercheur israélien.

Soumis par Yvan Michel (non vérifié) - le 07 janvier 2009 à 14h52

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