Converser par SMS avec ses "pièces-connectées" : l’avenir de l’IoT ?

Par 23 octobre 2014
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Répliquer l’expérience du "chat" sur un réseau social avec, non plus des personnes, mais des objets connectés et programmés ancre l’IoT dans une réalité bien concrète.

Les premiers résultats de l’IoT n’intégraient pas de dimension sociale à proprement parler. De fait, si les objets sont déjà, pour certains d’entre eux, passés à l’ère de l’internet, la composante réseau social n’avait pas encore été intégrée. L’IoT telle qu’il existe aujourd’hui n’implique en effet aucune interaction spécifique avec les objets mais un "monitoring" minutieux. Plus encore, le thermomètre connecté Nest est un moyen d’optimiser le réglage de la température sans intervention humaine.

À l’inverse de la tendance qui voudrait simplifier le quotidien en automatisant les décisions au sein des objets, le web social des objets ajoute donc une dimension au réseau social. Car l’interaction virtuelle, elle-aussi, s’est démocratisée pour devenir une norme en soi, et l’application de ce mode de communication aux objets peut être plus facilement accepté. Trois chercheurs ont ainsi pu théoriser la façon dont une communication entre les hommes et les objets pourrait avoir lieu. Ils ont crée un réseau social sur le modèle de ceux utilisés par les hommes pour communiquer entre eux.

Pour ce faire, les chercheurs ont installé des capteurs sur des objets auxquels ils adressaient une adresse IP. Concrètement, les chercheurs ont d’abord programmé chaque objet qu’ils ont ensuite regroupés entre eux selon les pièces d’une maison. Des adresses mail furent ensuite attribuées à chacune des pièces, sortes de "comptes personnels". Afin de rassembler des objets au sein de "paquets" auxquels attribuer une adresse URL, les utilisateurs-tests enregistrent à leur tour leurs "pièces connectées" sur un réseau social internet – crée ad hoc pour l’étude. Une fois connectés au réseau, les utilisateurs peuvent demander par SMS des questions aussi simples que "quelle est la température moyenne de la maison ?" aux différentes pièces de leur maison. Ainsi, les individus peuvent communiquer et poser des questions avec le support "web" des objets du quotidien, du thermomètre au four à micro-ondes.

Néanmoins, il ne s’agit pas ici d’intégrer de l’intelligence artificielle à la domotique : il faut donc programmer a priori l’ensemble des questions qu’il sera possible de poser à une "pièce connectée". En effet, une question posée sur un réseau social dissimule un programme qui indique à une machine une série d’ordres à suivre. L’aspect limitée de l’expérience ne doit pas dissimuler la spécificité du web social des objets par rapport au standard de l’IoT. Le fait de pouvoir interagir avec les objets change le rapport à ceux-ci aussi bien qu’aux individus. Plus qu’une amélioration de l’IoT, c’est donc l’aspect social du web qui se trouve étendu à de nouveaux "modules".

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