La Corée rêve d'avoir sa "media valley".

Par 02 avril 1998

A l'image d'un grand nombre de villes d'Asie, Séoul à décidé d'implanter à Inchon (50 km à l'ouest de la capitale) sa technopole de l'an 2000, gigantesque projet ouvert sur "le ciel, la mer et la te...

A l'image d'un grand nombre de villes d'Asie, Séoul à décidé d'implanter à
Inchon (50 km à l'ouest de la capitale) sa technopole de l'an 2000,
gigantesque projet ouvert sur "le ciel, la mer et la terre".
Le ciel, c'est le nouvel aéroport international construit sur deux îles
réunies artificiellement. 24 h/24 il pourra accueillir 27 millions de
passagers.
La mer, c'est un port ultramoderne pouvant traiter les plus gros
porte-conteneurs en un temps record. Annuellement, pas moins de 25
millions de tonnes de marchandises pourront y transiter.
La terre, c'est une ville nouvelle, Songdo et sa "media valley", cité
articulée autour d'un téléport. Se voulant le nec plus ultra de la
technlogoie de pointe, (informatique, télécommunications, multimédia)
"media-valley" sera la "vallée sans papier".
Lancé en 1994 à l'initiative de Choi Ki-sun, le maire d'Inchon, ce projet
a reçu le soutien du gouvernement et l'appui de la fédération du patronat
coréen. Cinq milliards de dollars seront dépensés d'ici à l'an 2001. Afin
d'attirer les investisseurs privés, toute une batterie d'incitations
fiscales, d'exonérations de taxes ont été mises en place. Les terrains
sont proposés à des prix sept fois moins élevés qu'à Séoul. Comme le
reconnaît Choi Ki-sun "Outre-Atlantique, Hewlett-Packard s'est montré
intéressé. En France, nous sommes demandeurs dans le secteur des
semi-conducteurs, des télécommunications, de l'hôtellerie. Mais pour
l'instant, nous n'avons que des discussions".
Selon lui, plus de 2 000 entreprises représentant 33 000 emplois et un
chiffre d'affaires de 6 milliards de dollars pourraient s'installer vers
2005.

Le gouvernement malaisien a lancé, de son côté, Cyberjaya et son
"multimedia super corridor". Mais là aussi, il s'agit d'une ville
futuriste supposée réunir les spécialistes des technologies avancées du
monde entier. Sans être abandonné totalement, ce projet a dû être repoussé
dans le temps du fait de la crise.

Que ce soit à Singapour, en Indonésie, aux Philippines, les projets de
nouvelles cités "higt-tech" prolifèrent. Toutes veulent attirer les
investisseurs étrangers proposant des activités à haute valeur ajoutée.

Pékin, en Chine, vient de donner le premier coup de pioche d'une
technopole ultra moderne au nord de la capitale destinée à "rassembler les
grandes entreprises chinoises et étrangères spécialisées dans les secteurs
électroniques et informatiques".

De l'autre côté de la mer Jaune, juste en face de la Corée, Tianjin ou le
Liaoning multiplient les initiatives du même genre.

Qu'ils soient courtisés par Séoul ou Kuala Lampur, les grands groupes
occidentaux, américains ou européens, sont les mêmes. La plus lourde
menace pour Inchon et sa "media valley" proviendra sûrement de cette
course aux technopoles du XXIè siècle, toutes "géographiquement
stratégiques".
(Le Figaro - 01/04/1998)

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