Le coût des applications gratuites réside dans l’énergie qu’elles consomment

Par 09 avril 2015
applications mobiles

Les applications mobiles contenant de la publicité auraient un impact négatif sur la durée de vie de la batterie, l’utilisation de bande passante et sur la performance du processeur de notre téléphone portable.

Au premier trimestre de l’année 2014, les revenus de l’industrie de la publicité mobile atteignaient 11 milliards de dollars. En 2017, ces mêmes revenus auront dépassé ceux de la publicité télévisuelle, et comptabiliseront un dollar sur trois dépensé dans le domaine de la publicité en général. Désormais, les campagnes publicitaires deviennent pratiquement indissociables des applications mobiles gratuites. En effet, au sein de l’écosystème regroupant les applications mobiles, plus de 50% contiennent de la publicité, et ce grâce (ou à cause ?) du développement de réseaux publicitaires à large échelle comme Google Mobile Ads ou Apple iAD. Mais quel est l’effet de cette omniprésence de la publicité sur le fonctionnement de nos téléphones mobiles ? Une problématique sur laquelle l’équipe de William G. J. Halfond, professeur en science de l’informatique à l’université de Californie, s’est penchée. Malgré l’apparente gratuité de ces applications mobiles, la présence de publicité engendrerait un coût sous-jacent, autant pour les développeurs d’applications que pour les utilisateurs eux-mêmes, à trouver plutôt du côté de l’utilisation d’énergie.

Un coût énergétique

L’équipe a pu, grâce à des outils analytiques installés sur un mobile test, analyser l’impact des deux types de versions (gratuite et payante) des 21 applications les plus populaires sur Android selon cinq critères : performance de l’application, consommation d’énergie, usage de bande passante, effort de maintenance concernant le code publicitaire et avis déposés à propos de l’application. En effet, les applications avec publicité utiliseraient 16% de batterie en plus que les applications sans, nuiraient aussi à la puissance du processeur en l’accaparant 48% plus qu’une application sans pub, et occuperaient 22% supplémentaires de mémoire vive. Des désagréments qui, généralement, entraînent une notation plus basse de ces applications, avec en moyenne 0,003 points de moins que les applications sans pub, sur une échelle de 5 points. Une perte qui pourrait paraître minime, mais qui, dans l’écosystème actuel surpeuplé d’applications en permanente compétition, représente beaucoup. Une notation plus basse qui est la conséquence directe d’une mauvaise expérience de l’utilisateur, car l’étude confirme que 70% d’entre eux trouvent la présence de publicité « agaçante ».

Des applications mobiles pas si gratuites que ça...

Des contraintes pourtant vitales à la gratuité de l’application

La présence de publicité dans une application gêne l’expérience des utilisateurs, et entrave le travail des développeurs. En plus de consommer beaucoup plus de bande passante et d’énergie, la présence de publicité augmente le travail des développeurs car elle exige une maintenance plus poussée et un changement de code régulier (afin de varier les différentes publicités). L’impact négatif des publicités est important car celles-ci contiennent des données, qui doivent être téléchargées en supplément des données déjà contenues dans l’application mobile, ce qui, au final, rassemble bien plus de données que dans une version sans pub (jusqu’à 100% supplémentaires dans certains cas). Cet amas de données participe également à ralentir le fonctionnement de l’application.

Malgré ces points négatifs, Il nous faut rappeler que la publicité reste essentielle au développement de certaines applications, leur permettant de générer du revenu mais aussi de couvrir les coûts de développement des logiciels. Un phénomène qui n’est pas près de s’estomper donc. A l’avenir, le directeur de l’étude travaille à créer des modèles comparatifs, qui permettront aux développeurs d’applications de prédire comment leurs produits seront reçus par le public, avec et sans publicité.

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