La crédibilité de l'avatar tient à son regard

Par 12 avril 2010
Mots-clés : Smart city

Doter les personnages virtuels de mouvements oculaires similaires à ceux d'un être humain renforce le sentiment de confiance. Un sentiment primordial dans les univers dédiés à la collaboration.

La collaboration dans les mondes virtuels suppose une relation de confiance entre les interlocuteurs. Celle-ci est renforcée si les avatars reproduisent des comportements non-verbaux proprement humains, explique une équipe des universités de UCL et de Roehampton. Dans une étude, les chercheurs démontrent ainsi qu’en dotant les avatars d’un regard humain, la confiance entre les interlocuteurs s’en trouve accrue. "C’est la question de la véracité du message qui est posée. Plus l’avatar ressemble au réel, plus celui-ci est crédibilisé", confirme à L’Atelier Hélène Zuili, de la société MakeMyWorlds, une agence de conseil qui propose aux professionnels des services de réalité virtuelle. Lorsqu’il s’agit de collaborer autour d’un projet commun, ou de négocier avec un partenaire économique, cette crédibilité est fondamentale.
Rassurer les acteurs grâce aux signes extérieurs 
"Dans les mondes B2B, les acteurs ont sans cesse besoin d’être rassurés par des signes extérieurs et concrets. D’où l’importance de ce type de métalangage", poursuit la spécialiste. D’autant qu’un graphisme réaliste nuance le caractère ludique de l’expérience. Pour leurs travaux, les scientifiques ont d’abord confronté un groupe de personnes à des avatars ayant un regard fixe. Puis un autre groupe à des personnages dont le regard (ainsi que le clignement des yeux, ou encore la taille de la pupille) correspondaient cette fois aux propos qu’ils tenaient. "Cela soulève la question du comportement paradoxal : je dis quelque chose mais mon corps dit autre chose. Accorder les propos aux signes extérieurs peut s’avérer fondamental", développe Hélène Zuili. 
Ouvrir le champ à un plus large public
En particulier pour les individus qui ont du mal à se projeter. Et qui se limitent à la représentation graphique des avatars, dès que celle-ci laisse à désirer. Selon les chercheurs, le fait d’améliorer les personnages virtuels et notamment leur expression va de fait ouvrir un champ à un plus grand public. "Il y a une somme de choses qui fait que l’on investit le message ou non", précise toutefois la spécialiste. "La spatialisation de la voix a son importance, par exemple, ou la respiration, ou encore la tenue qui conditionne l’apparence", poursuit-elle. De fait, le Gartner rappelait déjà dans une étude qu’un dress code s’avérait déterminant dans les univers persistants, en particulier pour les réunions professionnelles. 

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