CRISH traque les terroristes dans les cybercafés

Par 27 mai 2008
Mots-clés : Smart city, Asie du Sud

En Inde, ce logiciel filme les internautes dans les établissements connectés et enregistre des données les concernant. Un moyen de repérer rapidement les auteurs de mails de revendication terroriste par exemple.

Suite aux attentats à la bombe le 14 mai dernier à Jaipur, ayant fait quatre-vingt morts et près de deux cents blessés, la police locale est bien décidée à dissuader les cyber terroristes. Ces derniers sont nombreux à profiter de l'anonymat relatif offert par les cybercafés pour envoyer leurs mails de revendication. C'est en effet ce qui s'est passé en Inde, où les auteurs présumés ont utilisé un ordinateur d'un cybercafé dans la ville de Ghaziabad afin de revendiquer leurs attaques. Un logiciel propose de renforcer la sécurité de ces établissements et de contrôler les internautes qui s'y rendent afin de repérer plus facilement les utilisateurs criminels. Baptisé CRISH (pour Customer Registration and Identification) il veut remplacer les registres dans lesquels les clients s'inscrivent habituellement par un système d'empreintes digitales et de webcam.
Une base de données des internautes
Le département technique de la police de l'Etat de Uttar Pradesh a décidé d'adopter cet outil biométrique et vidéo suite aux événements ayant frappé la région. Le principe est le suivant : le logiciel est installé sur les ordinateurs du cybercafé. Les utilisateurs seront identifiés par la webcam de la machine qui les filme, enregistre l'heure de leur connexion, la date, et répertorie le terminal sur lequel ils se trouvent. "Les photographies et empreintes des internautes seront automatiquement stockées sur une base de données", explique Amit Kaushal, à l'origine du projet.
Accélérer les enquêtes
Une aide précieuse pour les agents chargés de l'enquête : ces derniers peuvent facilement identifier les coupables, à partir simplement de la base de données. Un outil qui se révèle utile lorsque des auteurs de mails de menace ou bien de revendication sont recherchés. Le logiciel est par ailleurs équipé de systèmes de sécurité qui rendent impossible le piratage des informations qu'il recueille, selon son développeur. A noter : CRISH a déjà été adopté par plusieurs propriétaires de cybercafés suite aux attentats, afin d'éviter à l'avenir les soupçons et les heures d'interrogatoire par la police. Une mesure qui pose cependant à nouveau la question du respect de la vie privée des utilisateurs...

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