La croissance du marché de la vidéo connaît un ralentissement.

Par 09 août 1998
Mots-clés : Future of Retail, Europe

Rapidement, avec l’envahissement des magnétoscopes dans les foyers, la vidéo est devenue une des fenêtres de diffusion du cinéma. 57,4 % des ventes de ce secteur sont réalisées par les longs-métrage...

Rapidement, avec l’envahissement des magnétoscopes dans les foyers, la
vidéo est devenue une des fenêtres de diffusion du cinéma. 57,4 % des
ventes de ce secteur sont réalisées par les longs-métrages.
Alors qu’en France et au Portugal, il faut attendre un an à compter de la
sortie du film en salle pour pouvoir acquérir une cassette (neuf mois
selon dérogation), l’Autriche et la Grèce peuvent, selon les accords,
sortir une vidéo après un délai de quatre mois. Il faut six mois d’attente
en Allemagne, en Belgique, au Danemark, en Finlande, en Hollande ainsi
qu’en Irlande, Norvège, Suède et Suisse.
Régie par la loi de 1982, la vidéo est hors du champ d’application de la
directive européenne. Après accord avec le Bureau de liaison
interprofessionnel du cinéma (Blic) son délai en France est passé de douze
à neuf mois. Elle rentre ainsi directement en concurrence avec le même
délai de neuf mois fixé pour le paiement à la séance (voir la revue de
presse du 07/08).
Selon le Syndicat de l’édition vidéo, au prix moyen de 130 F “le plus
élevé d’Europe dans ce domaine, il se vend 60 millions de cassettes
enregistrées par an, un peu plus de cassettes vierges”.
Près de 20 F sont reversés au producteur du film vendu. Le coût d’une
cassette varie de 15 à 20 F, la TVA est à 20,6 % contre 5,5 % pour le
paiement à la séance. 2 % de taxe sont reversés au centre national de la
cinématographie par chaque cassette pour alimenter le compte de soutien du
cinéma. Enfin, l’industrie de la vidéo a droit à la publicité depuis 1990.
En 1997, selon le SEV, le marché français de la vidéo, en perte de vitesse
depuis quelques années, a réalisé un chiffre d’affaires éditeur de 3,683
milliards de F, en hausse d’à peine 0,84 % “les dépenses des
consommateurs pour la vidéo sont supérieures à 6,5 milliards de F”. 48
millions au total d’unités ont été vendues. Alors que les films français
représentent 12 % des ventes (9,6 % il y a un an), les longs-métrages
étrangers, pour la plupart américains, comptent pour 45,4 % du chiffre
d’affaires (+ 11 %).
Le marché de la location a réalisé un chiffre d’affaires éditeur de 439,3
millions de F (1,2 milliard de F consommateur), celui de la vente plus de
3,2 milliards (5,3 milliards consommateur).
Avec Internet permettant de passer commande par carte bancaire dans tous
les pays d’Europe liés par le traité de Rome, au moment où l’explosion
prévue du DVD se produit, qui empêchera demain un Français de commander
son disque numérique? Même si les inventeurs du système DVD ont bien
prévu des zones géographiques mondiales de cryptage, on peut acheter
aujourd’hui sans problème à Paris des DVD multizones.
Même si la cassette a encore de beaux jours devant elle, le DVD risque de
lui faire perdre des points.
(Le Figaro 07/08/1998)

Mentions légales © L’Atelier BNP Paribas